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05/07/2015

Grand Prix de Grande-Bretagne

Festival Hamilton dans son jardin anglais

par Raphaël OLIVIER

Silverstone - Pour sa 9ème manche du Championnat du Monde Pilotes et Constructeurs , la F1 nous a donné rendez-vous en Grande-Bretagne, dans l'antre mythe du Sport Auto, Silverstone, son circuit magique, son public fanatique, sa météo. Aux essais, on a repris les mêmes ou presque avec dans l'ordre Hamilton en pole, mais est-ce ici un avantage, Rosberg à ses côtés et juste derrière la Williams de Massa. 13 heures locales, tour de formation. Un à un, les feux rouges s'éteignent…



Alors qu'on pouvait penser refaire les films déjà vus et revus, c'est Massa qui grille au départ, et Rosberg et Hamilton en se faufilant comme un V1 entre les 2 Mercedes ébahies. Bottas, sur la 2ème Williams a profité de la manœuvre pour forcer le jeu et s'installer en P3. Les cartes sont rebattues en tête de course pendant que Grosjean fait encore parler de lui dans le feuilleton, c'est pas de ma faute. Une brouille à 2 balles en milieu de peloton entre Ricciardo qui arrive un peu fort, Button et Grosjean qui s'accroche emmenant Maldonado dans le bac à sable. Résultat, du beau monde au tapis dont Grosjean qui une fois encore ne verra pas la ligne d'arrivée. C'est pas moi, c'est lui. Drôle de destin que cette écurie Lotus. A croire que les dirigeants le font exprès au moment où Renault semble avoir jeté son dévolu sur la ruine.

 

Côté Ferrari, c'est pas non plus l'euphorie et voilà la sortie de la voiture de sécurité, le temps de débarrasser la piste des cassons. Dès la relance à la fin du T3, Hamilton préjuge un peu trop de ses forces en accélérant un peu fort. Résultat, c'est Bottas qui prend l'avantage et voici qu'en tête, on a Massa en 1, Bottas en 2, Hamilton en 3 et Rosberg en 4. Super début de course qui redonne à ce Grand Prix un réel intérêt et les meilleurs tours se succèdent passant de l'un à l'autre des prétendants à la victoire. Les Williams ont une vitesse de pointe qui permet de tenir la dragée haute aux Mercedes et il faut saluer la présence de la nouvelle Force India, ici celle du vainqueur des dernières 24 Heures du Mans, Hulkenberg en P5.
 
Alors que les Williams affichent de sérieuses prétentions dans leurs jardins anglais, l'écurie commence à cafouiller. D'abord, on demande à Bottas de ne pas attaquer Massa pour préserver le doublé potentiel, mauvaise humeur de Bottas qui profite du DRS dont on peut penser le plus grand mal de par ses effets dévastateurs néfastes au vrai pilotage et par une législation… complexe. Gros flou entre l'écurie et ses pilotes… Ce n'est pas de cette manière qu'on gagne un GP. Le tout est de savoir qui, de nos 4 furieux classés dans la même seconde, va rentrer au stand le premier, pour changer ses pneus et chausser les gommes dures. Petite intox de la part du stand Mercedes au T15 qui fait mine de sortir les pneus… puis de les rentrer… Mesquin! Williams n'a pas mordu à l'hameçon et ils auraient du. Car c'est Hamilton qui sifflera la fin de la récré au T20. Judicieuse manœuvre pour l'ami Lewis qui prendra ici une sérieuse option à la victoire. Massa et Rosberg rentreront au tour suivant, repartiront côte à côte dans la ligne des stands (pas de pénalités… merci Nigel!). C'est Bottas qui rentre le dernier et se lance dans une vraie bagarre avec Rosberg au point de donner, dans l'ordre, dès le T23, Hamilton, Massa, Bottas et Rosberg.


 


Mais à Silverstone, rien n'est joué d'avance et souvent, la météo fait des siennes. Et c'est le cas aujourd'hui, avec de la pluie annoncée dans la future demi-heure. Selon l'intensité de l'averse, il faudra… ou pas changer les pneus, choisir les intermédiaires ou les maxi pluie, toujours en fonction. Mais trop tôt, c'est user ses pneus prématurément et trop tard, c'est le rail… Et puis, la pluie révèle les vrais aptitudes des pilotes… Au T30, Hamilton a plus de 5 secondes d'avance sur Massa et au T33, Sainz est obligé de s'immobiliser en fin du dernier secteur, ce qui entraine la mise en œuvre du VSC (Safety Car Virtuel), disposition prise après l'accident de Jules Bianchi et qui oblige les voitures à réduire leurs vitesses le temps, pour les commissaires, de sortir la voiture de Sainz mal positionnée.

 

Un peu de la pluie annoncée arrive dès le T35 et les stands se préparent à accueillir les voitures. Vettel passe Raikkonen qui chausse les inter beaucoup trop tôt. Rosberg passe Bottas au T39, petite figure d'Hamilton sans conséquence. Les Mercedes ont plus d'appui que les Williams et sont plus à l'aise sous la pluie. Rosberg passe Massa. Au T41, Hamilton a 6.8 s d'avance sur son coéquipier et une fois encore, c'est lui qui va anticiper et avoir du nez. Comme Vettel, il passe par les stands pour mettre les pneus intermédiaires. Pour Rosberg qui doit boucler son tour avant de rentrer lui aussi, c'est l'enfer. Il perd beaucoup de temps. La pluie arrive enfin. Hamilton a repris sa place de leader et la foule acclame son pilote local. Rosberg est en 2. Williams n'a pas été à la hauteur des circonstances. Ils avaient tous les atouts en main pour gagner ce GP et peut-être même décrocher un doublé. Mais la stratégie Williams a failli et la sanction tombe. Vettel a même doublé ce petit monde au point d'occuper la P3. Ce sera le podium de ce Grand Prix qui nous a livré un bien beau spectacle. De quoi aimer la F1.

L'AVIS DE PIRELLI

La clé de la victoire de Lewis Hamilton ? Indiscutablement sa stratégie pneumatique ! Tout particulièrement quand il choisit de s’arrêter plus tôt que les deux Williams qui le précédaient au début de l’apparition de la pluie. Cela lui permit de les passer et de prendre la tête de la course. Mercedes réalisait ensuite - pour la seconde fois, à nouveau - l’arrêt parfait pour le second arrêt. Cela lui permit de repartir en intermédiaires, au moment exact de l’intensification des averses de la fin du Grand Prix.
Si Hamilton s’était qualifié en pole position, il avait cédé dès le départ face aux envols somptueux des deux pilotes Williams, Felipe Massa et Valtteri Bottas. Mais quand il s’arrêtait, un tour plus tôt qu’eux, une intervention parfaitement exécutée par les mécaniciens de Mercedes lui permit de repartir en tête.

Quand la pluie se mit à tomber, les deux Manor et la Ferrari de Kimi Räikkönen avaient été les premières à s’arrêter pour chausser les Cinturato Verts intermédiaires. Las, pour ces trois-là, ces arrêts avaient eu lieu trop tôt et engendraient une usure prématurée des gommes. Ils allaient s’en apercevoir ensuite, lorsqu’ils furent contraints à un arrêt supplémentaire à quelques minutes de l’arrivée.
En fin d’épreuves, avec neufs boucles à couvrir, la pluie se faisait plus intense quand Hamilton décidait de passer des intermédiaires. Il était suivi en cela par Sebastien Vettel (Ferrari). Bien leur en prit, puisqu’ils devançaient alors dans ce choix l’intégralité du plateau qui s’arrêtait aussitôt pour le même choix de pneumatiques. Ce dont profitait Vettel pour s’emparer de la troisième place en passant les deux Williams, qui avaient pourtant couvert les vingt premiers tours aux deux premières places.
Une fois ce dernier arrêt aux stands effectué, Hamilton reprenait la tête et passait le premier le drapeau à damier avec une avance de dix secondes sur son coéquipier Nico Rosberg. En terminant à la dixième place finale après trois arrêts, Fernando Alonso offrait à McLaren son premier point de l’année.

Paul Hembery, directeur de Pirelli Motorsport:C’était sans aucun doute la course la plus excitante de la saison, avec le timing des arrêts aux stands devenu crucial dans les résultats des uns et des autres. Pas seulement sur le premier arrêt, mais également sur les seconds, quand la pluie se mit à tomber et qu’elle s’intensifiait sur la fin. La clé de la course, pour tous les pilotes, se trouvait dans la stratégie adoptée, avec de gros gains et de grosses pertes, selon les choix de pneus et les moments d’en changer choisis. Une fois de plus, les spectateurs de ce « British Grand Prix » furent exceptionnels et leurs démonstrations d’enthousiasme à l’issue de la course est une chose que l’on retrouve rarement ailleurs dans le monde. »
 

CLASSEMENT DU GP DE GRANDE-BRETAGNE  
  PILOTES ECURIES TEMPS
1 L.Hamilton Mercedes 1:31.27.729
2 N.Rosberg Mercedes +10.956
3 S.Vettel Ferrari +25.443
4 F.Massa Williams Mercedes +36.839
5 V.Bottas Williams Mercedes +1.03.194
6 D.Kvyat Red Bull Racing Renault +1.03.955
7 N.Hulkenberg Force India Mercedes +1.18.744
8 K.Raikkonen Ferrari +1 tour
9 S.Perez Force India Mercedes +1 tour
10 F.Alonso McLaren Honda +1 tour
11 M.Ericsson Sauber Ferrari +1 tour
12 R.Mehri Marussia Ferrari +3 tours
13 W.Stevens Marussia Ferrari +3 tours
       
ABANDONS    
  R.Grosjean Lotus Mercedes  
  C.Sainz STR Renault  
  J.Button McLaren Honda  
  F.Nasr Sauber Ferrari  
  D.Ricciardo Red Bull Racing Renault  
  M.Verstappen STR Renault  
  P.Maldonado Lotus Mercedes  
   
MEILLEUR TOUR EN COURSE  
T29 L.Hamilton Mercedes 1:37.093
   
CLASSEMENT DES PILOTES F1  
Rang Pilotes Points  
1 L.Hamilton 194  
2 N.Rosberg 177  
3 S.Vettel 135  
4 V.Bottas 77  
5 K.Raïkkonen 76  
6 F.Massa 74  
7 D.Ricciardo 36  
8 D.Kvyat 27  
9 N.Hülkenberg 24  
10 R.Grosjean 17  
11 F.Nasr 16  
12 S.Perez 15  
13 P.Maldonado 12  
14 M.Verstappen 10  
15 C.Sainz 9  
16 M.Ericsson 5  
17 J.Button 4  
18 F.Alonso 1  
19 R.Mehri 0  
20 W.Stevens 0  
   
CLASSEMENT DES CONSTRUCTEURS F1  
1 Mercedes 371  
2 Ferrari 211  
3 Williams 151  
4 Red Bull 63  
5 Force India 39  
6 Lotus 29  
7 Sauber 21  
8 Toro Rosso 19  
9 McLaren 5  
10 Marussia 0  
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