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nostalgie

09/09/2014

Volkswagen Combi T1

Das Original


Patrick RENZI

L'histoire aurait pu commencer par un conte de fée… il était une fois… quoique! Flash back sur la période d'après Seconde Guerre mondiale, la vieille Europe et plus particulièrement l'Allemagne sont exsangues, anéanties par quatre années de régime nazi. 1947… L'industrie teutonne tente d'oublier les affres de la folie meurtrière pour se consacrer sur la reconstruction intensive de son Pays.



Ben Pon… le nom ne vous dit peut-être rien. C'est en fait grâce à cet importateur néerlandais de la marque Volkswagen que le mythe Combi va naître. Au hasard d'une visite des ateliers du constructeur automobile allemand, notre homme déniche une … Coccinelle quelque peu remaniée à des fins utilitaires. Quelques coups de crayon et esquisses plus tard, un volant, un moteur… arrière bien sûr, et notre importateur sait convaincre Heinrich Nordoff, alors patron de Wolfsburg. Un premier prototype est construit dès novembre 49 et c'est au Salon de Genève que le "Bulli" était présenté. Nous sommes en 1950.

Pendant 18 années, le T1 (ne pas confondre T1 série2 et T2 qui n'apparait que dans l'été 1967) est fabriqué à plus de 18 millions d'exemplaires et devient tour à tour, fourgonnette tôlée, minibus, camping-cars, pick-up,… Techniquement, ce Transporter reprend l'essentiel des éléments mécaniques de la Cox dont le moteur de 24 ch, les essieux… L'ensemble repose sur un cadre tubulaire central (caisse autoporteuse) et peut recevoir une charge utile de 750 kg pour un gabarit exceptionnellement compact pour l'époque. Compact à l'intérieur certes, mais très habitable puisque 8 personnes peuvent prendre place dans le Combi.

Combi! Le mot est lâché. Combi, Split, T1, T2, Bulli,… l'utilitaire Volkswagen mérite qu'on se fasse une pause "mini lexique". Combi vient du mot allemand Kombinationenwagen qui signifie véhicule multi-usage, ce sera l'appellation la plus courante en France. Le vocable Split vient du pare-brise en 2 parties (split-windows). Bulli, car la face avant des premières générations ressemblent à un bouledogue… Il y en a pour tout le monde.

C'est le T1, l'original qui nous intéresse ici, le vrai, l'unique disent les collectionneurs. Celui qui reçoit les petites fleurs de paix et d'amour au travers des années 60 et 70. Symbole par excellence du phénomène hippie, le Combi fait alors la joie d'une jeunesse libérée, respirant l'esprit soixante-huitard et ses dérives psychédéliques. C'est aussi comme cela qu'un mythe se construit. Car le Combi est à coup sûr, le meilleur concept jeune de ces années d'insouciance et d'émancipation sexuelle. Chacun peut y trouver sa nouvelle raison d'être, de Woodstock à Katmandou, de San Francisco à Monterey.

Le Combi se révèlera rustique, facile d'entretien, robuste. C'est un allié fidèle pour ses utilisateurs de toute origine. Le moteur arrière amputera bien l'accès par l'arrière contrairement au Tub ou à la future Estafette. Mais qu'importe, c'est par les vastes portes latérales (barndoor) que ça se passe. C'est comme ça. Un mode de vie d'une époque, certes révolue, mais que la nostalgie préserve jalousement. Vous avez dit: mythe?

Juste quelques mots tout de même pour replonger une quarantaine d'années plus tôt et se souvenir des kilomètres parcourus à son volant lors d'essais divers. On ne pouvait pas passer à côté du Combi dont la polyvalence et l'atout cœur étaient imparables. Le Combi n'était pas confortable, mais on y était bien. Sa direction n'était pas douce, ni précise, mais les autres non plus. Comme beaucoup, la puissance du moteur le cantonnait à des ballades tranquilles, sa tenue de route pouvait surprendre quand il pleuvait et son freinage avait quelques limites résiduelles. Mais l'habitabilité était une gageure, les agencements colorés enthousiasmaient, la consommation n'était pas gargantuesque et les frais de réparation étaient limités car les pièces étaient courantes.

Aujourd'hui, les collectionneurs européens et au delà ont jeté leur dévolu sur ces premières générations de Combi, à tel point qu'il est pratiquement impossible, aujourd'hui, d'en trouver un en bon état, à un tarif non élitiste. Plus rien à voir avec la voiture du peuple chère à VW. Plus rien à voir non plus avec l'esprit "peace and love" qui lui colle à la peau. L'argent pourrit tout, c'est bien connu. Wight is white.

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