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édito

22/04/2015

Ripaille vomitive


par Patrick RENZI

Comme par enchantement, certains voyants économiques semblent passer au vert. Il n'en faut pas plus pour que les augmentations tarifaires recommencent à fleurir chez la plupart des constructeurs auto. Un phénomène qui avait disparu par ces temps de crise où les manœuvres inflationnistes auraient pu entraver certaines transactions et donner une image négative aux plus goinfres.



Mais cette fois, pour certains, la reprise de l'activité économique est bien là et le moment est enfin venu…. + 1% par ici, +2 par là et même un peu plus pour les plus gourmands qui voient déjà dans cet enfumage de quoi regarnir les coffres des actionnaires.
Les constructeurs se foutent de nous. Déjà que leurs voitures s'affichent à des tarifs nettement surévalués, sans aucune commune mesure avec la réalité du terrain qui multiplie les remises et autres artifices de la mesquinerie transactionnelle, voilà que certains empressés osent déjà dégainer les augmentations du temps jadis.

Bassesse irrespectueuse ou ripaille vomitive, cette mesure est indigne et illustre parfaitement l'intérêt malsain des services marketing à l'égard des clients. Ici, une roue de secours qu'il faut à présent surpayer plus d'une centaine d'euros, là une peinture métal honteusement facturée 500 ou 600 euros, ailleurs des frais de mise à disposition dont on peut légitimement demander la justification… déjà que les conducteurs sont les plus juteuses vaches à lait de l'Etat, voilà qu'ils sont désormais désignés d'office pour servir la soupe aux constructeurs toujours en quête de marges généreuses.

Mais que ces créateurs d'automobiles et autres rebadgeurs improbables nous délivrent enfin des grilles tarifaires cohérentes, des grilles qui indiquent des prix réels et non pas des bases de négoce sur lesquelles les euros vont se faire la malle au gré des épisodes transactionnels.

A quoi peut bien servir un tarif si le prix consenti peut être naturellement amputé de son tiers? Quel est ce jeu qui réserve au marchandage une allure de criée poissonnière indigne du produit vendu? Une automobile est un achat plaisir, le fruit d'un rêve enfin assouvi ou l'aboutissement d'une vie. Une automobile, c'est encore pour longtemps, n'en déplaise à quelques foldingues écolos, une réussite sociale, un investissement bonheur, un évènement familial que l'on célébrait comme tel au champagne, lors de la remise des clés au nouvel heureux propriétaire dans les halls des concessions.

C'était une fête, c'est devenu une banalité, un rapt, un hold-up! Un moment où le client doit lui même amener son tube de vaseline.

Alors, que ces constructeurs qui ont la touche pourcentage indexée à la hausse prennent conscience que rien ne sert de courir, il faut juste partir à point. Que quelques rares voyants économiques qui passent au vert déclenchent en si peu de temps cette frénésie inflationniste, est ignoble. A l'heure où les économies de toute nature peuvent entrevoir un ciel moins broussailleux et que les affaires tentent timidement de se régénérer, il serait utile de savoir raison garder. Vos tarifs sont abusifs. Vos bénéfices sont colossaux. Alors, que diable! Un peu de décence et mettez vite vos augmentations à la corbeille.

 

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