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nostalgie

07/08/2014

Renault 16

La référence Confort


par Patrick RENZI

Lorsque la Régie Renault présente aux journalistes ébahis sa Renault 16 en mars 1965, personne ne mesure encore l'effet kiss cool de cette nouveauté et ses retombées sur le style et l'équipement des modèles qui vont suivre. On tourne le dos à une vingtaine d'années de conservatisme ambiant jugulant à de trop rares exceptions près quelques fantaisies esthétiques encourageantes.



Un pavé dans la mare

Une berline avec hayon: du jamais vu à l'époque.
Une berline avec hayon: du jamais vu à l'époque.
En concevant la R16, Billancourt lance un pavé dans la mare des constructeurs automobiles et peu d'enthousiastes donnent cher de la peau de cet OVNI dont le hayon va sonner l'heure du renouveau en ouvrant les portes du futurisme.

Flanquée de ce hayon que beaucoup trouvent utilitaire et dégradant (la bonne vieille malle arrière a toujours ses adeptes), la Renault 16 démontre que l'on peut avoir du style sans pour cela être d'une autre époque révolue.

Fluide, racée, stylée, gracieuse et fine, la ligne générale de la 16 est un pur régal des yeux. Jamais une voiture de série n'a encore atteint ce niveau de séduction.

Si extérieurement, la 16 est un pur régal, son espace intérieur donne aussi dans une modernité déroutante avec une planche de bord soulignée d'une généreuse barre de maintien et dessinée à la serpe, anguleuse à souhait, en phase avec la société de consommation de ces années 60. Seul, le levier de changement de vitesses au volant est un clin d'œil au passé. Pour le reste, la 16 révolutionne et surprend.


Confort moëlleux

Il faudra attendre la TX pour que la R16 reçoive enfin un éclairage performant.
Il faudra attendre la TX pour que la R16 reçoive enfin un éclairage performant.
Techniquement, la 16 adopte 4 roues indépendantes avec barres de torsion qui lui donnent une tenue de route remarquable malgré un certain roulis sans grand danger. La voiture offre un confort moelleux avec des sièges bien étudiés qui eux aussi, tournent le dos à ce qui se fait alors. Au rayon des critiques, il faut pourtant mentionner un freinage perfectible qui subira d'ailleurs un certain nombre d'évolutions appréciables lors des millésimes qui vont suivre.

Côté moteur, Renault installe sous le capot de sa jolie routière un bloc aluminium de 1470 cm3 dont la puissance se limite à 54 petits chevaux. Nous sommes alors en août 65, trois versions sont au catalogue: Luxe, Grand Luxe et Super.

Dès 1966, la 16 subira son flot successif d'améliorations dont des plaquettes de freins plus épaisses et de nouveaux étriers. Elle sera la voiture de l'année, une distinction tout à fait méritée eu égard aux prestations globales qu'offre la Renault 16.

La première véritable évolution de cette fantastique berline vient en mars 68 avec la présentation de la variante TS équipée de son 1565 cm3 alimenté par un carbu double corps, de son tableau de bord à cadrans circulaires dont un compte-tours, des projecteurs additionnels à iode (Cibié), d'une lunette arrière dégivrante, de feux de recul et de sièges avant très enveloppants, sans oublier les lève-vitres électriques en option.

Confort et modularité

Ambiance seventies... des cadrans ronds et un levier de vitesses au volant.
Ambiance seventies... des cadrans ronds et un levier de vitesses au volant.
Billancourt démontre avec cette TS tout le potentiel novateur du losange. Pour la première fois, une berline de série est dotée d'un équipement sophistiqué, complet. Renault reprend la main avec cette version dont la puissance désormais portée à 83 ch devient suffisante pour bénéficier de performances à la hauteur des attentes les plus difficiles.
 
Et de plus en plus, la 16 s'affiche comme une sérieuse référence. La transmission 3 rapports à commande électronique et convertisseur de couple hydraulique apparait sur la 16 TA en mars 69. C'est d'ailleurs à ce même moment que les freins à disques de la TS sont secondés par un servo.

La voiture est saine, son entretien ne nécessite aucune folie dépensière particulière et ses allures futuristes des débuts ne prennent pas une ride et conforte la Régie dans son choix du hayon tellement pratique et offrant une modularité à la voiture jusque là inconnue des clients de ce secteur.



La version TX était une berline qui ne craignait pas la concurrence.
La version TX était une berline qui ne craignait pas la concurrence.
En 1973, nouveau coup d'éclat de Billancourt qui dévoile une 16 TX fantastique. Bien sûr, il y a le moteur poussé à 1647 cm3 et développant 93 ch, évidemment il y a cette merveilleuse boîte 5 vitesses d'une douceur et d'une précision rares, mais on y découvre aussi un équipement pléthorique.

La fermeture centralisée fait son apparition, la calandre modifiée reçoit 4 projecteurs carrés à iode, les jantes style Gordini deviennent une légende et donnent à l'ensemble une bien jolie allure. Un becquet aérodynamique chromé fait son apparition au sommet du hayon et la lunette arrière est dégivrante avec un essuie lave glace spécifique.

Je me souviens de plusieurs 16 essayées pour les besoins de la cause. De merveilleuses voitures confortables et sécurisantes, équipées et fiables. Plusieurs 16 TX ont jalonné ma vie. Elles sont toutes d'excellents souvenirs. La 16 est une voiture agréable à vivre qui a marqué son époque en lançant une nouvelle idée de concevoir l'automobile.

Après plus de 1.8 million d'exemplaires produits à Sandouville, 15 ans de carrière, la 16 quitte la scène, laissant place à la 20 et la 30. Jamais, une voiture n'aura autant révolutionné son temps en donnant une autre vision de la voiture.
C'était le temps où Renault était un vrai créateur d'automobiles.


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