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reportages

07/06/2019

Peugeot-Roland Garros

Le lion rôde depuis 35 ans

par Patrick RENZI

Cette histoire aurait pu commencer comme un conte… Il était une fois ! Mais il faudrait pour cela se replonger dans les années 90 et même un peu avant quand PSA mettait à disposition des centaines de véhicules pour transporter VIP et autres parasites autour de Roland Garros.


Renault à Cannes, Peugeot à Roland, chacun avançait ses pions pour devenir à prix d’or le sponsor premium dont tout le monde se fout éperdument. Mais Peugeot, résolument attiré par les paillettes d’un spectacle sans retour a délibérément insisté au point d’engloutir des centaines de milliers d’euros pour investir les cours de Roland Garros avant d’aller de plus en plus loin en suivant l’ATP. Grave erreur !

Si l’histoire avait bien commencé avec un marketing opportuniste qui déclinait dès que besoin, une série de variantes estampillées Roland Garros du plus bel effet auréolées d’un vert bouteille métal spécifique, de quelques pointes orangées pour souligner la terre battue et de quelques logos bien appliqués, il est vrai que nous avons tous pensé, juste un instant, que Peugeot défendait les couleurs tricolores de notre drapeau national. Et c’est vrai qu’à cet instant, le lion nous proposait durant les années 90 et même 2000 quelques véhicules dont on se souvient et qui font encore le bonheur que nombreux amoureux des youngtimers.
 

Bien sûr, cette année, les organisateurs ont crû bon réintégrer les deux-roues dans ce salon moribond, ainsi qu'une multitude d'exposants sans réel intérêt... dont certaines onéreuses guimbardes sans permis qu'on devrait interdire... On remplit les cases vides comme on peut. Globalement, un stand peut dépasser le million d'euros... ça commence à piquer! Essayons de ne pas être mauvaises langues et de trouver dans cette hécatombe, quelques raisons de ne pas regretter le voyage.
 

Dans ces brochettes annuelles d’un temps que les moins de 20 ans ne veulent plus connaitre, quelques morceaux choisis dont on ne peut que louanger le mérite. C’est aussi cela, entretenir une image. Prenez par exemple la 205, vous savez ce sacré numéro qui a permis à Peugeot de survivre à un moment où le lion était à l’agonie. Nous étions alors à un moment crucial où tout aurait pu basculer. La 205 est une réussite commerciale dont la naissance est française et aujourd’hui, Carlos Tavarès, l’autre Carlos, dont on aurait cru qu’il défendait bec et ongles l’industrie française balaie d’une main hostile, tout ce qui a pu construire, millésime après millésime, décennie après décennie, l’histoire du constructeur français automobile conservateur à souhait
.
Conservateur ? Pas tant que ça quand on jette un œil sur la production ? Prenez la 204 et sa motorisation novatrice à souhait ? Et l’Hybrid 4 Diesel ? Un fantastique concept tellement futuriste ?
 
Quand Tavarès est arrivé au pouvoir de PSA, il est tombé sous le joug des investisseurs et autres actionnaires, au point de renier l’histoire des marques qu’il était censé représenter et défendre.


 

Adieu séries spéciales Roland Garros dignes d’intérêt. Adieu 205, 205 CTI, 405 SW, 106, 306 et autres 405 break… une véritable famille. Et vous savez quoi ? Alors que le lion est à deux encablures de dégainer sa nouvelle 208, ce n’est qu’une pâle copie de la 108 qui fait le job.
Déjà que la 108 est un détritus dans le catalogue Peugeot, rejoint par la cousine C1 de Citroën et de l’Aygo de Toyota, l’originale, Peugeot n’étant plus capable de créer une petite citadine sans lorgner sur un constructeur dont il n’a plus rien à faire depuis son mariage honteux avec Opel.
Mais où est donc l’esprit Peugeot du siècle dernier ? Panhard ? Simca ? Est-ce cela le véritable génie d’une constructeur dont le but serait de piller la concurrence pour mieux la détruire. Triste destin.
 
Aujourd’hui, c’est une pauvre et merdique 108, blanche de surcroit à l’image d’une certaine CX qui trimbalait la populasse il y a longtemps. Quelle honte ! C’est cette 108 qui inonde nos écrans et qui représente la marque au lion… et celle de Roland Garros.
 
Nous attendons bien mieux que cela de la part d’un constructeur national. La question est : « Peugeot est-il encore un constructeur français alors qu’il délocalise à outrance ses productions vers des terres fiscalement plus accueillantes ? »



 

Je ne sais pas vous, mais moi, ce soir, j’ai mal à mon cœur tricolore. J’espérais un Roland Garros où la nouvelle 208 vert bouteille Roland Garros allait faire son entrée dans sa terre battue. Et soyons fous… Elle aurait pu être accompagnée d’une 508 SW du même tonneau. Ca aurait eu de la gueule… Mais Peugeot ne parle plus que de sa future e-208 dont on ne verra les effets désastreux qu’en fin d’année. Quand on est partenaire premium d’un tournoi comme Roland Garros, on ne rate pas la marche. En misant sur le symbole de sa 108 périmée, Peugeot montre les limites de ses capacités industrielles et son désamour pour son Pays.
 
Carlos! A force de te fourvoyer dans les caniveaux nauséabonds des actionnaires de ton groupe, toi qui as eu le courage de ressortir Alpine des cartons poussiéreux quand tu faisais tes armes de grand patron chez Renault, bouge ton cul et ne laisse pas Peugeot sombrer dans les abîmes ténébreux des compromis hasardeux.
 
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Tags : garros


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