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nostalgie

20/02/2017

Panhard PL 17

Dis Papa..., tu t' rappelles ?


par Patrick RENZI

Nous sommes à la fin des années 50. Il existe un constructeur automobile dont l'histoire est jalonnée de bien beaux moments. L'étoile Dyna de Panhard brille au firmament de l'industrie automobile et les affres de l'après guerre s'étiolent avec les ans, faisant place à une société de consommation effrénée. Dyna X, Dyna Z, Panhard remet à niveau sa berline familiale en lui donnant un coup de jeune.



C'est Louis Bonnier, le dessinateur qui relooke la Z à peu de frais. On conserve l'intégralité de la cellule centrale, on retravaille en finesse et en modernité la face avant et la poupe, on abandonne au passage la carrosserie alu, mais on conserve l'antique moteur bicylindre opposé refroidi par air. La messe est dite.

La PL 17 voit le jour en 1959. P pour Panhard, L pour Levassor, jusque là tout le monde suit…. pour le 17, il faut fouiller… 5 chevaux, 6 litres aux cents et 6 places, le compte y est, nous en sommes bien à 17 ! Astucieux et puissant, non ?!

Vous l'avez compris, le cahier de charges précis de Panhard allié aux exigences économiques structurelles du moment ne permet pas des folies onéreuses. Du coup, certains sont restés sur leur faim, malgré une modernité des lignes marquée par des artifices de carrosserie savamment positionnés.

Les portières avant ouvrent encore dans le mauvais sens, un signe des temps. Les optiques avant sont désormais habillées d'une élégante sourcilière largement mise en valeur par une abondance d'alu poli, tandis que la partie arrière a troqué des feux des autres temps par des petits cabochons multiples du plus bel effet.

Sous l'immense capot de la PL 17, un bicylindre longitudinal à plat, flanqué de ses 4 soupapes en tête inclinée à rattrapage de jeu hydraulique, arbre à came centrale, culasse alu intégrée au cylindre et refroidissement par ventilateur ou turbine. 848 cm 3 de cylindrée, ce groupe moteur ne développe que 42 ch et il faut se tourner sur la terminaison Tigre pour culminer à 50 tout petits chevaux, bien esseulés.

Mais l'époque n'est pas si exigeante et les performances n'ont pas encore atteint les extrêmes. Techniquement, la PL 17 est aboutie et affiche des solutions techniques d'avant-garde. Je pense en particulier aux freins tambour dont la surface frottante avant et arrière est totale, je pense aux roues indépendantes du train avant et ses 2 amortisseurs oléopneumatiques télescopiques, je pense aussi à la distribution et les ouvertures et fermetures des soupapes déterminées par rapport aux positions extrêmes occupées par les pistons.

Le confort est partie intégrante de cette berline familiale très habitable. La place ne manque pas et les larges banquettes accueillent conducteur et passagers avec chaleur. L'habitacle est sobre, peu ostentatoire et l'équipement correspond au standard de l'époque.

Un cadran demi cylindrique planté devant le conducteur contient les précieuses indications nécessaires au bon fonctionnement de l'auto.

La PL17 offre des prestations routières élevées à l'heure où la concurrence directe émergeait d'une longue hibernation. Du coup, on se surprend avec une Panhard à rouler différent. Forte de ses chromes majestueux, de son apparence cossue, de ses rondeurs bienveillantes, la PL 17 se démarque.
 
Il m'arrive de me souvenir d'une Relmax que j'ai bien connue. Un modèle 62 tout de jaune vêtu. On l'appelait " pamplemousse " pour le fun ! J'ai dans la tête son bruit d'échappement typique, ses banquettes noires et la petite pendulette implantée dans la planche de bord rebondie.

Panhard PL 17
Mon Père se plaisait à remettre à l'heure délicatement sa pendule, du bout des doigts, avec une précaution infinie. Je me souviens aussi l'entendre pester contre une boîte de vitesses récalcitrante dont la marche arrière s'enclenchait au gré de son bon vouloir. Et puis cette ascension du Puy de Dôme… une grande épopée… quasi une aventure pour le petit bicylindre qui n'en pouvait plus de chercher un peu d'air pour se refroidir…

Une époque, je vous dis, empli de surprises et d'insouciance, de regrets et de remords pour le petit garçon avide de grandir que j'étais… J'aurais donné beaucoup pour jouer avec le superbe porte clés Panhard. Il arborait fièrement le logo Panhard et était vendu avec la voiture. Mais en ce temps là, les enfants n'étaient que des enfants… Dommage !

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