LMA, le portail de l'actualité automobile

Accueil Accueil       Version imprimable Version imprimable          Partager Partager
reportages

13/10/2014

Mondial de l'Auto 2014

Un arrière goût d'amertume

par Patrick RENZI

Sûr que l'édition 2014 de ce Mondial parisien laissera quelques traces d'amertume pour les connaisseurs et professionnels que nous sommes. Une impression de mal être, de malaise, de faux semblants et d'à peu près. Comme si organisateurs et exposants s'étaient arrangés pour globalement donner l'illusion d'un temps radieux alors que le vent souffle déjà dans les branches. Une sorte de flou artistique que les trop nombreux concepts-cars utopiques et les essais de style souvent peu convaincants tentent maladroitement de gommer.



Certains voient dans ce hall 1 une certaine idée de l'exception automobile. Prenez tout de même le temps d'aller un peu plus loin...
Certains voient dans ce hall 1 une certaine idée de l'exception automobile. Prenez tout de même le temps d'aller un peu plus loin...
Cela commence par les journées dites de la presse durant lesquelles les allées et les stands sont envahis et ratissés par des gens qui n'ont rien à y faire, des VIP en mal d'image, des amis d'amis, des bobos BCBG, des titis relookés, des faux accrédités, bref des opportunistes qui ne feront jamais de reportages, ne prendront aucune photo digne du nom, n'écriront aucune ligne sur le Salon, mais occuperont l'espace, bloqueront l'accès aux voitures et se pâmeront à grandes coupes de champagne aux frais des constructeurs qui, une fois de plus, auront confondus marketing commercial et information presse. Je pense à ces milliers de vrais journalistes étrangers venus des quatre coins du monde pour couvrir et relayer l'évènement dans de multiples pays et qui n'ont pas pu bénéficier des services qu'ils étaient en droit d'attendre dont de vraies salles de presse. Les quelques trop rares cages à poules proposées à ce titre, étant prises d'assaut dès potron-minet, reléguant les perdants à faire contre mauvaise fortune bon cœur au hasard d'un recoin d'escalier ou d'une banquette d'exposants.

Renault pourra toujours se spécialiser dans le recyclage... le stand 2014 est le même qu'en 2012. Particulièrement décevant.
Renault pourra toujours se spécialiser dans le recyclage... le stand 2014 est le même qu'en 2012. Particulièrement décevant.
Et puis, comment ne pas évoquer ce nouveau vice de certains qui réservent la primeur de leur stand définitif aux visiteurs. Alors que les 2 jours pré salon, soit disant réservés à la presse, sont censés permettre aux médias d'offrir au Mondial une large visibilité, voilà que certains hurluberlus se croient obligés de réserver à la presse un service minimum. Prenez Renault. Non seulement, alors que chacun essaie d'innover et de paraitre en soignant la présentation et l'agencement de leur expo, Renault nous inflige le même stand qu'il y a 2 ans avec la colline centrale du plus mauvais effet et cette vague d'infâmes lustres mouvants, mais nous prive de sa gamme et de quelques modèles phares. On a de la Zoe, on a droit à une ribambelle de Twingo Smart, on a même droit à quelques Espace V sortis de nulle part et dont on ne parvient pas à obtenir les spécifications, mais pas de RS 01 par exemple. Pourquoi tant de mépris vis-à-vis de la presse sans qui Renault n'est rien? Il suffit de voir les efforts de confort et de séduction que déploient les constructeurs lors du lancement presse de leurs nouveautés pour mesurer nos effets. Il faudra attendre l'ouverture officielle du Mondial pour que tous les stands affichent complet. Regrettable. Il sera utile de s'en souvenir le moment venu.

Une idée bien particulière du charme féminin...
Une idée bien particulière du charme féminin...
Côté organisation, on a perdu l'habitude du Guide du Salon, remplacé par quelques codes numériques peu pratiques. Il en est de même pour les documentations des exposants auprès desquels il faut pleurer les clés USB… quand elles existent. Où est le temps où DHL nous livrait nos cartons bourrés de brochures qui venaient alimenter nos fonds documentaires? Les journées presse seraient elles devenues des prétextes à beuveries pour une élite chic et choc? Sans vouloir être plus royalistes que le roi, force est de constater que nous n'avons pas pu faire notre job correctement. S'informer, interviewer, photographier, filmer, essayer, tester, voir, apprécier, admirer, critiquer, toucher, sentir, écouter afin de pouvoir écrire, diffuser, relayer, informer, séduire, noter, conseiller, comparer… telle est notre mission de journalistes. Une fois de plus, à Paris, nous n'avons pas pu travailler dans de bonnes conditions, car une fois de plus, à Paris, on prône le mélange des genres, on joue l'hypocrisie tendancieuse, on tente de laver plus blanc que blanc du linge désespérément sale.
 
Même certaines hôtesses ont perdu l'allure, l'élégance, le sourire, la sensualité laissant place à l'énervement, l'agacement, la douleur. Et pourtant, que serait une belle voiture sans le charme de la magnifique égérie qui l'accompagne?

Venturi serait bien inspiré de revenir à ses premières amours.
Venturi serait bien inspiré de revenir à ses premières amours.
Enfin, il y en a mare de voir ces stupides voitures électriques qui trônent un peu partout pour faire bien et surtout pour équilibrer à terme les normes de pollution des gammes des constructeurs. Il n'y a aucun avenir industriel pour la voiture électrique car nous ne saurons pas stocker l'électricité pour satisfaire un usage rationnel avant longtemps. Non seulement nous ne produisons pas assez d'électricité, mais pire encore, nos installations ne permettent pas d'acheminer une éventuelle surconsommation sans des investissements colossaux qui ne sont pas prévus. Importer ou produire plus? Le nucléaire étant en voie de réduction (une stupidité de plus de la part des penseurs écolos qui confondent toujours idéologie utopique et réalisme économique), les énergies renouvelables ayant des difficultés structurelles à se renouveler, s'il faut relancer les bonnes vieilles centrales thermiques, bonjour les effets de serre, adieu la couche d'ozone et ses conséquences. Faire croire en un avenir radieux de la voiture électrique est une pure escroquerie qu'il faut combattre. Autant l'hybride est une étape judicieuse dans l'évolution automobile, autant le tout électrique sera encore longtemps d'une diffusion restreinte. Et je n'ose ici évoquer le lithium, le recyclage des batteries, ni le kW énergie immanquablement taxé au même titre que les carburants fossiles et donc économiquement moins rentable qu'aujourd'hui. Car souvenons que ce n'est pas le pétrole qui est cher, mais les taxes qui s'y collent. A méditer.

Les chevrons ne berneront pas les Français comme c'est le cas pour les Chinois. Pour nous, DS et Citroën, même combat!
Les chevrons ne berneront pas les Français comme c'est le cas pour les Chinois. Pour nous, DS et Citroën, même combat!
Enfin, il y a DS, présentée comme une nouvelle marque française. Simple déclinaison d'une gamme issue des chevrons, jamais, DS ne sera une marque à part entière. Liée historiquement et génétiquement à vie à Citroën, cette griffe artificielle ne pourra être au mieux, qu'un reflet même irisé d'une lignée déjà estampillée. Il eut fallu prendre cette décision dès la naissance de la DS3 en dotant cette dernière de spécifications esthétiques et techniques totalement différentes de celles d'une C3 et de la diffuser dans un réseau identifié. Il fallait pour cela ressortir des cartons une ancienne marque sacrifiée comme Panhard, Delage, Talbot… L'industrie française était si riche dans ces années là. Aujourd'hui, Renault fait du neuf avec du très vieux, Citroën prend les chevrons du bon dieu pour des canards sauvages, Peugeot fait tout un fromage pour un lifting 508 peu convaincant, l'un et l'autre sont incapables de gratifier leur clientèle d'un vrai haut de gamme. La France a fort à faire pour rétablir l'équilibre avec la concurrence étrangère. Pendant que Renault s'enorgueillit de fabriquer ses utilitaires, Audi, BMW et Mercedes affichent les prestigieux vaisseaux amiral que sont l'A8, la Série 7 et la Classe S qui dégagent des marges confortables. Chacun son ambition.

Et puis, un dernier mot qui me vient pour conclure. Et je m'adresse ici plus spécialement aux médias. Avez-vous remarqué comme les services de presse français de certains constructeurs étrangers d'ordinaire hautains et distants, filent doux et deviennent mielleux dès que les grosses têtes de leur maison mère débarquent sur le Salon et les cantonnent de fait dans les arrières boutiques ? Moralité: sans maîtrise, la puissance n'est rien… Hello, Dieter, Norbert, Akio…, how are you?...
L'industrie italienne sait toujours faire de magnifiques GT... contrairement à l'industrie française qui ne sait même plus faire de grandes routières.
L'industrie italienne sait toujours faire de magnifiques GT... contrairement à l'industrie française qui ne sait même plus faire de grandes routières.
Notez


Dans la même rubrique :

FCA à vendre - 01/11/2017

Mitsubishi 2017 - 01/05/2017

Rétromobile 2017 - 13/02/2017

RWB - 07/01/2017

Technopolys - 07/11/2016

Epoqu'auto Lyon 2016 - 07/11/2016

Mondial Auto 2016 - 02/10/2016

SKF France - 16/05/2016

Coyote Mini - 10/01/2016

1 2 3 4

édito | les news en live | focus | essais | les coups de Massu | reportages | nostalgie | éco green | évasion | biblio | kiosque


le magauto magazine automobile