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reportages

01/05/2017

Mitsubishi 2017

Séance de rattrapage

par Patrick RENZI

En attendant l'arrivée plus ou moins imminente du nouvel Eclipse Cross qui sera une nouvelle offre du constructeur japonais dans le monde du SUV, Mitsubishi resserre les rangs autour d'une gamme éclectique où l'électrique se mêle avec une certaine harmonie avec les carburants dits fossiles et où les segments traditionnels se comblent plus ou moins au fil des millésimes.



Après avoir titiller les 10000 ventes annuelles il y a de cela quelques années puis gravement chuté par l'entremise d'un catalogue peu consistant et d'un réseau déstabilisé, Mitsubishi remonte la pente sous l'égide désormais du Groupe Renault dont on peut craindre le pire. Le losange n'a jamais été un partenaire fiable avec ses nouvelles proies, ponctionnant  honteusement au profit de ses actionnaires, le jus de l'orange, laissant aux sans dents, l'écorce et les pépins.
 
Le jeu de l'alliance avec Nissan ne fera pas oublier les manquements de Renault en matière de Ressources et Développement et il a fallu plus d'une décennie stérile pour que le constructeur Renault daigne enfin proposer à ses clients une offre plus digne. Il manque toujours le vaisseau amiral, une grande et luxueuse routière digne du nom, capable d'aller titiller les hauts de gamme Audi, BMW ou Mercedes.
 
Soucieux de dynamiser son réseau, Mitsubishi n'hésite pas à lui confier l'évolution stylistique de certains de ses modèles.
Soucieux de dynamiser son réseau, Mitsubishi n'hésite pas à lui confier l'évolution stylistique de certains de ses modèles.

Cette fois, notre i-Miev avait trouvé refuge au Miramar Beach... Avouez qu'elle y a fière allure !
Cette fois, notre i-Miev avait trouvé refuge au Miramar Beach... Avouez qu'elle y a fière allure !
Espérons de tout coeur que le rachat de Mitsubishi ne sera pas annonciateur de manoeuvres funéraires envers ce constructeur nippon qui a su se forger une image des plus solides à travers les sables piégeux et autres terrains hostiles de multiples contrées lors de compétitions émérites aux quatre coins du monde et auprès d'une clientèle souvent avertie.
 
Et puis il y a la petite i-Miev, 100% électriQ, soeur jumelle des Peugeot Ion et autres Citroën C-Zéro. Avec sa Miev, Mitsu France n'a pas su imposer une formule mieux adaptée, moins onéreuse et plus aboutie que ses 2 frangines portées par un réseau national plus dense, mais tout aussi peu motivé. Il est vrai que le véhicule fait un brin léger et qu'on peut le confondre avec les générations sans permis qui envahissent nos routes. Haute sur pattes, étroite plus que de raison, mais vive, économique et pratique, elle sait se faufiler et se garer où elle veut. Voiture de ville par excellence, elle sait aussi sortir des feux rouges et des parcmètres pour peu que sa recharge soit totale. Car comme toute bonne électrique, c'est le fil à la patte qui fait la différence... quand il est fourni !
 

Sans atteindre des sommets esthétiques, la Space Star avance pourtant certains arguments convaincants.
Sans atteindre des sommets esthétiques, la Space Star avance pourtant certains arguments convaincants.
Space Star est arrivée sur le tard pour compléter un catalogue en construction. Un peu comme un immeuble auquel l'architecte aurait oublié le rez de chaussée et le 1er étage. Un constructeur ne peut manifestement pas exister avec une image de tout terrain extrême, surtout par les temps qui courent où la protection de l'environnement et l'écologie planétaire envahit les moeurs. Comme si on ne pouvait pas faire cohabiter tout ce petit monde... Citadine joliment relookée en phase 2, Space Star est un produit intéressant quoiqu'inconnu du grand public plus tenté vers des modèles référents. Dommage, car cette citadine mérite le détour tant au niveau rapport qualité prix que performances routières très honorables. Mais quand il manque l'image, le son n'est pas très bon...
 

Entre l'ASX et l'Outlander, il y a un monde. Que va bien pouvoir faire Renault de cette conquête technologique ?
Entre l'ASX et l'Outlander, il y a un monde. Que va bien pouvoir faire Renault de cette conquête technologique ?
Soucieux de rentabiliser sa recherche et son développement, Mitsubishi a longtemps cru que son avenir allait passer par PSA avec lequel il a conclu quelques accords de partenariat que l'on peut, à l'arrivée, qualifier de gabegies. Et si l'on vient d'évoquer l'i-Miev, on parle ici de l'ASX, l'original comme il disait, et qui a donné les clones PSA C4 Aircross côté chevrons et 4008 côté lion sochalien. L'ASX vient de bénéficier d'une remise à niveau très superficielle pour le millésime actuel qui ne parvient que très légèrement à compenser ses 7 années d'existence. Habitable et performant dans sa variante diesélisée, aguicheur et habitable, il a du mal à faire face à des copines de récré plus joueuses, moins souples au niveau des suspensions, mieux équipées et moins tarifées. Reste que l'ASX poursuit sa carrière et sauf info de dernière minute, le prochain Eclipse Cross n'aura pas pour vocation de le remplacer.
 
Outlander est un cas particulier dans l'univers Mitsubishi qui a su se différencier d'une concurrence de plus en plus vive en offrant une alternative certes marginale, mais qui au moins l'avantage de proposer une identité propre. Désormais disponible sous de multiples motorisations essence, diesel, mais aussi hybride et désormais hybride rechargeable sur laquelle on reviendra tout prochainement lors d'un de nos essais 4000, Outlander remplit son office avec un certain panache. Bien sûr, on peut regretter des carences inconcevables comme son obésité avérée quasi morbide, son freinage peu consistant et la réelle utilité d'une hybride rechargeable en ville alors que le gabarit de l'Outlander ne lui permet pas d'entrer n'importe où et surtout pas dans les places rabougries de nos cités. Par contre, si vous recherchez, habitabilité, coffre, confort, équipement et que vous avez un peu de monnaie sur votre compte en banque, signez, mais négociez!
 

Ce L200 servi à la sauce Avalanche est une réussite totale et d'une redoutable efficacité.
Ce L200 servi à la sauce Avalanche est une réussite totale et d'une redoutable efficacité.
Mitsubishi doit tout à son Pajero qui survit dans un univers où peu de joueurs extérieurs viennent lui faire la leçon. Particulièrement doué pour sortir des sentiers les plus battus et pour franchir des trucs impensables, le Pajero est à son affaire dès que l'hostilité se profile et que la merdasse est au rendez-vous. Ancestral dans son concept, redoutable dans ses capacités, vestige des temps modernes, le Pajero répond toujours présent dès qu'on le sollicite. Un tantinet grimpe à l'arbre, fossoyeur de SUV sans prétention, il reste une des quelques rares valeurs sûres de ce segment où peu de concurrents se permettent de jouer.
 
Et pour terminer cette revue, L200 est carrément un modèle à part. Marginal diront certains, utilitaire crieront d'autres, L200 est avant tout un baroudeur de l'extrême, totalement en phase avec son copain Pajero, une dose de civilisation en prime sans oublier la rasade de pick-up évolué qui fait un carton. Le L200 est un monstre d'une rare performance. Oubliez le confort mais respirez à fond sa présentation très soignée, sa maniabilité émérite, son habitabilité en Cab double. Son groupe moteur TD de 181 ch vous séduira pour peu que vous ayez délaissée l'option boîte auto peu judicieuse. Ce L200, c'est Byzance.
 

Si Mitsubishi daignait étoffer sa gamme France pour occuper des segments complémentaires, gageons que le réseau retrouverait une dynamique élimée par le temps.
Si Mitsubishi daignait étoffer sa gamme France pour occuper des segments complémentaires, gageons que le réseau retrouverait une dynamique élimée par le temps.
Tombé par inadvertance et surtout manque de vigilance dans le giron Renault, Mitsubishi n'a pas fait le bon choix. Ce géant nippon méritait mieux, à commencer par une dynamique commerciale européenne plus invasive. Il est vrai que le marché français trop longtemps jugulé à 3% des importations orientales, a été délaissé par Mitsu, plus disposé à soigner des contrées administrativement moins hostiles. D'autre part, le japonais a longtemps hésité à confier sa automobile européenne à un Groupe Emile Frey dont l'envergure et la force de frappe ambitieuse essaient désormais de rattraper le temps perdu. Mitsubishi France a vécu et c'est tant mieux même si, ne vous leurrez pas, les nippons sont toujours aux commandes, ne serait-ce que dans les orientations politiques produits, les règles commerciales imposées et le saké dont certains raffolent plus que de raison... Contrairement à certains constructeurs extrêmes orientaux, Mitsubishi n'a pas encore compris que la destinée européenne de son avenir devait se faire à partir de l'Europe et non dans des bureaux d'études japonais où la culture, le mode de vie, l'attente client sont si différents... Mitsu vise 4000 immatriculations France en 2017 après avoir dépassé les 10000 il y a quelques années... On mesure ainsi le travail de l'importateur pour redynamiser ses troupes si tant est que Renault sache déléguer.
 

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