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édito

23/09/2014

Le train de l'emploi


Patrick RENZI

Dimanche midi... un feu rouge… Pas très loin de là, un train complet de voitures… long… si long. A y regarder de près, on aurait pu y distinguer une fourmilière de nouvelles mottes de beurre à moteur arrière ou de 308, mais c’était une fois encore l’Allemagne qui débarquait et envahissait notre territoire par une armée de Volkswagen Polo, toutes plus rutilantes les unes que les autres. La fourmi nous en remettait une couche.



Un train de l'emploi, symbole d'une industrie automobile française en perdition.
Un train de l'emploi, symbole d'une industrie automobile française en perdition.
Des dizaines et des dizaines de wagons, plusieurs centaines de voitures au demeurant fort bien nées, mais hors de nos frontières, privant ainsi notre industrie automobile de milliers d’embauches.
En une seconde à peine, le morceau de pain que je grignotais avait soudain un goût amer, celui d’une balance extérieure en berne, d’un taux de chômage épouvantable, de nombreuses usines désertées, d’emplois délocalisés, de familles en larmes, d’hommes et de femmes en dépression, d’âmes en peine et en détresse… Un relent de faucheuse à l’affût comme si la musique n’était plus bonne. Alors, ça s’est mis à bouillir dans ma cafetière. Un cocktail détonant dans lequel se mélangeaient en désordre, quelques patrons verreux, trop de syndicalistes néfastes, des millions d’euros gaspillés, des promesses non tenues, des politiques nauséabonds, des chômeurs opportunistes, des avantages sociaux invalidants, des pilotes Air France en grève et la liste est longue, si longue.
Tous ces parasites pourrissent notre tissu économique et social depuis des lustres. Tous ces boulets que l’on traine nous interdisent de sortir la tête de l’eau. Toutes ces chaines que nous paralysent amputent nos compétences. Ces coquetteries administratives nous privent de pouvoirs d’achat décents et ces paillettes républicaines ont un surcoût que nous ne supportons plus.
Il y a presqu’un siècle, les Italiens sont venus vider les fosses à merde des Français et chacun dans leurs domaines, ce fut au tour des Portugais, des Polonais, puis des Maghrébins et de tant d’autres. Le Français a toujours eu besoin de ses esclaves pour le servir. Aujourd’hui, la coupe est pleine. Les mauvaises habitudes sont prises. On paie les chômeurs pour qu’ils acceptent les boulots qu’on leur propose. Les emplois existent, mais personne ne se présente, semblant préférer le peu de confort des allocations.
La famille a foutu le camp, la valeur travail n’existe plus, l’éducation est décalée, la morale moribonde… et pendant ce temps là, les Volkswagen Polo débarquent, symboles d’une Allemagne forte, solide, volontaire ? Symboles aussi d’une industrie restructurée, d’une économie saine, d’un euro plus fort que le nôtre, d’une population courageuse, de syndicats constructifs, d’un patronat attentif, de dirigeants solides.
En voyant ce train si long, bourré de savoureuses fourmis, je me suis dit que je n’avais pas encore vu de trains dégorgeant de Twingo propulsées ou pire de ces horribles Twizy, ces inutiles Zoe et que les allemands n’avaient rien à craindre de notre concurrence. Pas étonnant que presque deux tiers des voitures vendues en France sont de marques étrangères… importées, donc fabriquées au-delà de nos frontières dénaturées. Dans notre bel hexagone, à quelques exceptions près, on ne fabrique plus rien ou presque. Nos usines sont à l’agonie, étouffées par des surcharges fiscales et des législations complexes.
En voyant ce train bourrée de Polo, je me disais qu’on n’avait plus la testostérone suffisamment vivifiante pour refaire un mai 68, faire table rase et mettre tous ces politiques dehors accompagnés des patrons voyous, des syndicats inutiles, des énarques délabrés, des penseurs défroqués. Un grand coup de Monsieur Propre avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’on vire dans l’extrême, qu’on ne sombre dans le néant… avant qu’il n’y ait plus que des Volkswagen à acheter, voitures du peuple, comme chacun sait…

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1.Posté par Le Malin le 23/09/2014 20:05

Et pendant ce temps, un (toujours) conseiller général, et (toujours) député, mais (quand même) ancien ministre ne paie pas (depuis 3 ans) ses impôts, son loyer, son électricité, son kiné, etc . . .
Pôvre France . . .

2.Posté par Bobby le 28/09/2014 22:11

Retrouvez le sourire et allez sur le site de l'UPR, qui vous expliquera POURQUOI vous avez raison, et COMMENT sortir de ce cercle vicieux.

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