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édito

21/05/2014

La Palme pour Renault


par Patrick RENZI

Certains d'entre vous vont encore nous dire que nous critiquons toujours notre fleuron national. Mais franchement il y a des limites à tout. Comme chaque année depuis des lustres, les plus grandes vedettes du cinéma font le show sur les marches de Cannes, Festival oblige.



Et comme chaque année, Renault se targue d'être le premier convoyeur de ces stars en paillettes. Mais incapable de nous construire une vraie berline de prestige dont nous pourrions être fiers, Renault ressort de ses musées poussiéreux, depuis plusieurs millésimes, 140 Espace moribonds et 70 Samsung Latitude anodines qui, avouons le tout net, ne sont pas les meilleurs symboles de notre réussite tricolore. Ajoutez à cela 15 Twizy qui sont la risée de la concurrence et dont on avait prédit contre vents et marées, l'échec commercial évident. Espace, Latitude, Twizy, les forces asthéniques de notre losange sont en berne et ne font même plus illusion. Pire, Renault profite de l'évènement pour flanquer au pied du Palais de cet incontournable Festival, sa future citadine à moteur arrière, un retour vers le passé des années 60 où 4CV, Dauphine, R8 et R10 jouaient les vedettes aux 4 coins de l'Hexagone. En ce temps-là, le tout à l'arrière était à la mode. Depuis, plus aucun constructeur généraliste ne fabrique plus de tels concepts…. sauf Renault qui croit conquérir le monde avec sa "tondeuse à gazon". Et Carlos Ghosn, grand responsable de l'hécatombe Renault de cette dernière décennie, vient d'en reprendre pour quatre ans… largement suffisant pour le laisser finir son hold-up sur Renault et revendre à terme, la marque à Nissan dont il est le pur produit et à laquelle il est viscéralement attaché. On parie? Ce mec est diabolique et personne ne l'arrête dans son travail de sape de l'ex fleuron de l'industrie automobile française.
L'Empereur du ZE et du tout électrique qui a misé plus de 4 milliards d'euros sur une technologie sans avenir est intouchable, bénéficiant d'une sorte d'immunité sur laquelle il parait opportun de se poser quelques questions de légitimité. Un grand Patron qui cumule autant les erreurs stratégiques depuis son parachutage forcé à la tête de Renault, devrait s'expliquer sur les raisons de ces mauvais choix et de leurs conséquences. L'image de Renault est dégradée à un point tel que seul le Captur, au demeurant mal fini, mal assemblé, de piètre qualité et trop cher, parvient à tromper sa clientèle.
Alors que sous d'autres contrées, berlines de luxe ou prestigieux 4x4 défilent avec bonheur dès que les VIP pointent leur nez, chez nous, on nous gratifie d'un bien piètre spectacle avec des reliques d'un passé peu glorieux ou de l'échec prémédité de modèle sans cachet.
D'un côté, BMW Série 7, Audi A8 ou Q7, Mercedes Classe S, Lexus 600, Porsche Panamera ou Cayenne, pour ne citer que les plus représentatives, en France Latitude coréennes et Espace archaïques… Cherchez l'erreur. La déchéance de l'industrie automobile française est réelle. Le vrai Made in France n'existe pas ou peu et le très haut de gamme n'a jamais eu droit de cité. Même le segment inférieur tricolore alors occupé par la VelSatis, la 607 et la C6, a déclaré forfait. Parions que la fougue de l'autre Carlos (Tavares) improprement viré par Ghosn doublé par l'investissement chinois devrait permettre au lion pour le moment toujours sochalien de dégainer un catalogue enfin digne du nom. Ca valse sec dans les étages du 75 Avenue de la Grande Armée et les inamovibles d'hier se font du mouron. Le duo Tavares-Norman fait un tabac et le vent souffle dans les branches. Et c'est tant mieux, car l'immobilisme rampant qui paralysait Peugeot était une entrave à toute initiative heureuse. En ce qui me concerne, je verrais bien une flottille de 708, DS9 et autres 6008 trôner dans les allées du Festival 2015 ou 16. Et vous?

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