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édito

16/09/2015

Francfort ou la leçon teutonne


par Patrick RENZI

Cette année, alternance oblige, la grand' messe automobile automnale a lieu outre Rhin. Débauches de moyens gigantesques, présentations pléthoriques de nouveautés, stands immensément grandioses, l'Allemagne donne une fois encore, une magistrale leçon de puissance à la face du monde. Quasiment exsangue il y a 50 ans à peine, l'industrie automobile germanique est désormais parmi les plus performantes de la planète et les teutons le savent au point de donner le tournis quand on égraine le catalogue de ce salon.



Et force est de constater une fois encore, malgré quelques sporadiques pseudo news, un ou deux concept-cars et des stands aux allures élimées, l'automobile française est en berne. Achetez français… certes, encore faut-il que l'offre soit à la hauteur de la concurrence et dans le match France-Allemagne…,le compte n'y est vraiment pas.
 
Tandis que Renault peine à lancer une Talisman qui se fait attendre, probablement à cause d'une mise au point un brin longuette, précipite sa Mégane 4 dans l'arène du segment C où les meilleures références l'attendent de pied ferme et que l'Espace endosse péniblement les habits bien trop larges de haut de gamme, tandis que Peugeot, incapable de maintenir son RCZ, donne une illusion bien modeste avec son Fractal, tandis que Citroën remet le couvert avec une DS4 un peu plus mâture et une DS5 sommairement liftée, de l'autre côté du Rhin, c'est la grande euphorie.
 
En un demi siècle, l'Allemagne automobile a non seulement fait son retard sur la France qui la supplantait alors de manière magistrale, mais l'a ramenée insolemment au rang de simple challenger. Prenez le trio Mercedes, BMW, Audi, rien ne les arrête. Des compactes, des berlines, des breaks, des monospaces, des SUV, des routières, des motorisations nombreuses et multiples, du diesel, de l'essence, de l'hybride, de l'hydrogène, de l'électrique, des technologies nouvelles, abouties et des images de marque qui font rêver et qui donnent des cauchemars aux marketings les plus en pointe.
 
Sans compter que bien peu de constructeurs mondiaux sont capables d'aligner de si prestigieuses berlines comme les Classe S, les Série 7 ou les A8… alors que Renault a du mal à présenter une Talisman qui n'appartient qu'au segment D bien ordinaire… Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Et pour pousser un peu plus loin le bouchon, on ose à peine évoquer l'Audi R8, la Mercedes AMG GT, BMW i8 et j'oubliais l'insolente réussite de Porsche qui revoit cette année sa 911… Topissime!
 
Volkswagen joue avec brio la carte du généralisme étendu, Ford tient la corde en déclinant une offre éclectique. Quant à Opel que l'on disait agonisant il y a quelques années, il nous offre un stand de bonne facture avec une Astra aux dents longues et une Karl bien plus sérieuse qu'une Twingo dont le moteur arrière demeure une grande interrogation de la part d'un losange qui a abandonné le tout à l'arrière dès l'arrêt de la Renault 10… Un demi-siècle… déjà! C'est probablement cela qu'on appelle … le progrès! A ce jour, je n'observe aucune telle hérésie sur aucun autre stand (hormis Smart dont c'était la signature) et encore moins dans les cartons…
 
Au fond, au-delà de la magnifique vitrine présentée ici même à Francfort, c'est cette fantastique leçon teutonne que nous donne l'industrie allemande qui retient l'attention. Une gifle magistrale à l'endroit de la France qui a résolument choisi le chemin des abîmes.
 
 

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