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reportages

01/11/2017

FCA à vendre

des volontaires ?

par Joest Jonathan OUAKNINE

Bravo Sergio ! Lorsqu’en 2004, Sergio Marchionne prit le contrôle de Fiat Auto, le groupe vendait 1 183 000 véhicules en Europe. Sergio-la-science a beaucoup promis. Fiat s’est offert Chrysler, devenant FCA. Et 12 ans plus tard, malgré l’ajout de Jeep, FCA a écoulé 990 000 véhicules en Europe. La maison-mère s’impatiente. Elle veut vendre FCA. Des acheteurs Chinois se sont présentés, puis ils sont repartis.



LE BILAN

On peut mettre au crédit de l’Italo-canadien le redressement de l’ancien Chrysler Group. Lessivé en 2007, il a retrouvé ses volumes pré-crise. De plus, il a réimplanté Alfa Romeo et Maserati outre-atlantique.

Maintenant, passons au looong passif. Le flop du rapprochement entre Chrysler et Lancia fut fatal à ce dernier. Aux Etats-Unis, les « petites » Chrysler 200 et Dodge Dart ont été des demi-succès ; elles ont disparu du catalogue sans descendance. La mythique Viper vient de s’éteindre. En Europe, chez Alfa Romeo, les Giulia et Stelvio ne compensent pas la chute des antédiluviennes Mito et Giulietta. Quant à Fiat, il est englué dans une monoculture 500. Une voiture lancée il y a près de 10 ans. Même les 500L et 500X ont du mal à exister.

FCA lance à peine une nouveauté par an, en Europe. La version européenne de l’Argo ne semble plus prévue. Le plus préoccupant, c’est que le constructeur investi peu. Il n’a rien annoncé de concret dans l’électrique, les voitures autonomes ou même les hybrides. Enfin, contrairement à d’autres généralistes, il n’a pas de programme de conquête des pays émergents (Asie centrale, Maghreb, Afrique Sub-saharienne…)

FCA est loin d’avoir la taille critique qui lui permettrait d’être autosuffisant. L’ironie de l’histoire, c’est que le concept de taille critique fut théorisé par Gianni Agnelli, le légendaire patron de Fiat.
 

LE PROJET DE FIAT

Fiat est aussi victime des déboires de la famille Agnelli. Edoardo Agnelli, le fils unique de Gianni Agnelli, a été retrouvé mort en 2000. Lapo Elkann, l’un des petits-fils, faisait figure d’héritier désigné. Mais il s’est perdu dans des affaires de mœurs. John Elkann, son frère, ne s’est jamais intéressé à l’automobile. Il dirige la holding familiale, Exor.

Le « groupe Fiat » a été découpé et compartimenté. Depuis 2010, Iveco, CASE et Magirus ont été regroupé dans Fiat Industrial (devenu CNH en 2013.) Maserati a été déplacé dans FCA (aux côtés de Fiat, Abarth, Alfa Romeo, Lancia, Chrysler, Dodge, Jeep et Ram.) Ferrari, elle, est directement sous la responsabilité d’Exor. Quant à Magneti Marelli, elle dépend de FCA Italy, une filiale de FCA. Exor contrôle donc CNH, FCA et Ferrari. Exor possède par ailleurs la Juventus de Turin et il est présent dans l’immobilier et le secteur bancaire. Dans ce conglomérat, FCA n’est plus qu’une danseuse.

John Elkann voudrait rationaliser le groupe. Magneti Marelli serait revendu à Samsung Electronics, qui souhaite se renforcer dans l’automobile. Alfa Romeo et Maserati seraient sortis de FCA et regroupés dans un pôle automobiles de luxe, aux côtés de Ferrari. Quant aux autres marques de FCA (Fiat, Abarth, Lancia, Chrysler, Jeep, Dodge et Ram) seraient revendus. Ensemble ou séparément. Déjà, en 2000, les Agnelli songeaient à revendre Fiat Auto. GM en avait racheté 20% avec l’objectif d’en prendre le contrôle à terme (ce qui ne se fit pas.) Vers 2010, alors que Fiat Auto venait de racheter Chrysler, il discuta avec Volkswagen et GM. Aujourd’hui, le dossier revient sur la table. La capitalisation boursière de FCA est de 16,5 milliards d’euros et Exor en veut davantage !
 

LES ACHETEURS CHINOIS

L’état Chinois veut pousser ses constructeurs à être davantage présent à l’international. Ce qui est souvent synonyme de racheter des constructeurs. DongFeng, Geely, Great Wall et GAC se sont montrés intéressés par FCA. L’un d’eux avait proposé de ne racheter que Jeep et les utilitaires Ram.

Après Exor s’est montré trop gourmand. Surtout, les Chinois ne sont pas idiots ; ils ont bien vu qu’on a cherché à leur refiler les mauvais morceaux du groupe. DongFeng s’est souvenu qu’il était déjà actionnaire de PSA. Geely, déjà propriétaire de Volvo, vient de s’offrir Proton et Lotus. GAC est partenaire de longue date de FCA en Chine. En avril, des officiels de GAC ont été surpris dans une usine brésilienne de Fiat. En juillet, ce sont des officiels de Great Wall qui furent surpris à Auburn Hills, siège de FCA USA. En retour, les Italiens se déplacèrent à Baoding, fief de GW.

La vente de FCA est une négociation de marchands de tapis. La technique du « c’est trop cher, ça ne m’intéresse pas, je préfère m’en aller » est bien connue dans le souk de Marrakech. D’ailleurs, Geely avait joué à cela avec Proton et Lotus… En attendant, le seul candidat en lice, c’est Great Wall. Dire qu’il y a 10 ans, Fiat trainait ce même Great Wall devant les tribunaux parce que ça citadine Peri était un peu trop « inspirée » de la Panda. Tandis que Chrysler, lui, il déchirait un accord industriel avec lui, car il jugeait Great Wall incapable de produire des véhicules dignes de ce nom… C’est dire à quel point le fleuron de l’industrie italienne est tombé bien bas. Merci Sergio !

 
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