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édito

30/09/2016

Entre concept-cars et véhicules autonomes


par Patrick RENZI

En 2014, 1 250 000 visiteurs se sont bousculés dans les allées du Mondial. Deux ans plus tard, au delà des incertitudes politiques, des risques d'attentats, des difficultés économiques, sociales et financières, les organisateurs pensent probablement faire mieux... Du moins l'espèrent-ils. Car la crise mondiale dont on nous rebat les oreilles à chaque fois qu'on allume télé, radio, internet ou qu'on ouvre un journal, est une fabuleuse excuse pour tromper les consommateurs en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes.



Photo Pierre Lourry
Photo Pierre Lourry
Après le dieselgate que l'arrogant Groupe VW et quelques autres actuels et futurs traineront comme un boulet pendant des lustres, après l'insécurité routière vérolée par une hausse des morts sur la route inéluctable, après les délocalisations de nos usines précipitant la fameuse courbe du chômage au prix d'une relative paix sociale, les taxes, impôts et PV qui grèvent les budgets des ménages, l'automobile survit. Mieux, elle n'a jamais été aussi vivante et les automobilistes demeurent les vaches à lait les plus rentables et ça dure depuis plus de 60 ans.
Tout cela pour vous dire que ce Mondial reflète à merveille l'excellente santé de cette industrie majeure dont les actionnaires manipulent tous ses acteurs en tirant les ficelles des marionnettes que nous sommes.
Cette année, quelques constructeurs n'ont pas jugé utile de s'afficher Porte de Versailles. Il est vrai que les budgets exigés sont diaboliques et qu'au delà de l'image médiatique largement relayée, il n'est pas certain que les affaires signées ou prospectées valent le détour.
Mais ce qui frappe le plus lorsqu'on arpente les moquettes du Salon, c'est la place de plus en plus conséquente réservée aux concept-cars. Chacun sait que ces modèles ne sont souvent que des effets de style ou d'annonces sans lendemain, de quoi souvent compenser les lacunes d'un catalogue appauvri par des orientations produit désastreuses. Certains répondront que ces laboratoires futuristes renferment déjà les technologies de demain et que sans proto, point de salut... ce qui n'est pas totalement faux. Mais le client, dans tout cela, il est où? Lui que l'on doit faire rêver devant sa prochaine monture. Lui qui monte à la Capitale pour comparer, humer, sentir, admirer, détester, commenter, négocier. Sauf exception, la plupart des modèles de série présentés est déjà dans les show-rooms et la presse internet a déjà largement diffusé les infos illustrées qui vont bien. Le client connait déjà tout ou presque de sa prochaine acquisition. La finition, le modèle, la motorisation, les options, sans oublier pour certains la personnalisation pour ne pas avoir la voiture du voisin. L'homme n'a pas changé. La voiture demeure le reflet essentiel de son ascension sociale.
Pour le Mondial, le risque d'exister une année sur deux, en alternance avec Francfort entrainait à terme une mort programmée au profit de Genève qui a su conserver son leadership dans un pays dont on loue à longueur de temps, une certaine neutralité somme toute très relative.
Concept-cars, certes.... mais aussi véhicules autonomes que nous ne sommes pas prêts de croiser sur l'ensemble de nos routes. Autant, il est utile de soutenir les apports technologiques qui contribuent à une sécurité embarquée améliorée ou à une aide à la conduite bienveillante, autant il est stupide de penser que lire son journal au volant de sa voiture est un but en soi. Si les véhicules autonomes pourront trouver grâce dans certains transports en commun, sur des parcours parfaitement matérialisés, identifiés et conçus selon des normes universelles qui n'existent pas à ce jour, on voit mal un particulier s'approprier un tel concept pour un usage au quotidien en solitaire. Les constructeurs se sont lancés dans une bataille révolutionnaire folle sans comprendre que leur industrie est en totale opposition concurrentielle avec les géants de l'informatique comme Google et quelques autres. Une fois encore, on met la charrue avant les chevaux et il eut été plus judicieux de concentrer les recherches et développements sur le véritable avenir écologique de l'automobile plutôt que de se lancer dans une guerre de tranchée où chacun va vouloir imposer des standards forcément rejetés par les concurrences industrielles, pire, politiques. En quoi cela peut-il servir l'industrie automobile de réduire les parcs, les productions, les ventes pour concentrer tout ce petit monde dans des files orchestrées. L'homme aime trop sa liberté pour se satisfaire d'un telle hérésie.
 

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