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18/07/2015

Dernier départ pour Jules

Attention... danger !

par Patrick RENZI

Cela faisait 9 mois qu'on redoutait la nouvelle. Jules Bianchi a pris son dernier départ cette nuit, alors qu'il était toujours au CHU de Nice irrémédiablement plongé dans un coma dévastateur. Au-delà de cette disparition, au delà du grand champion qu'il était en devenir, cette mort doit nous rappeler que ce sport est dangereux.



Banalité diront certains… pas si banal que cela, car depuis plusieurs années, ce sport minimise les risques encourus par ces pilotes qu'ils soient au firmament de la F1, du WRC, qu'ils soient au rendez-vous des multiples compétitions organisées chaque week-end…

Bien sûr, la sécurité a pris tout son sens et les circuits ou les routes, terrains des compétitions les plus diverses, bénéficient de soins particuliers. Les réglementations évoluent, les obligations sont drastiques, mais le sport automobile n'a rien d'une promenade de santé. Popularité oblige, les fans ont oublié que rouler à plus de 300 km/h sur 4 roues engendrait de sérieuses contraintes et que les risques les plus graves pouvaient être au rendez-vous du prochain virage…

A force d'assistances électroniques embarquées, les pilotes n'ont plus le même ressenti de leur monture et dès que les conditions météo s'activent, dès qu'un phénomène non planifié se présente, dès qu'on obstacle est à côté de la feuille de route, c'est toujours panique à bord que ce soit dans la plupart des cockpits ou au sein des écuries où l'on joue le branle bas de combat. Rouler vite est une chose, piloter en est une autre. On le voit souvent sur les GP, dès que la pluie fait son apparition, c'est à coup sûr, les figures de style qui se multiplient, les passages aux stands inévitables, les recalculs des ordinateurs, les télémétries qui s'activent pour reprogrammer parfois l'inprogrammable.

Drapeau vert ou pas, Suzuka a été, à plusieurs reprises, le théâtre d'incidents annonciateurs. Qui a raison, qui a tort? Le principe d'une compétition est de rallier l'arrivée et donc de garder la maitrise de sa voiture pour ne pas être out. Or les pilotes jouent parfois avec le feu, dépassant certaines limites interdites. Adrénaline, soif de vaincre, combats de coqs, tout est bon pour titiller le sort au risque de sortir…

Et dans ce jeu dangereux, Jules est sorti, qui plus est violemment. Il est allé trop loin, trop vite, trop fort. Il a cru pouvoir… il n'a pas pu. Point. C'est là le début du drame… la sortie de piste irrémédiable et totalement incontrôlée de la part d'un pilote talentueux qui a flirté avec la faucheuse. Drôle de jeu, mais c'est la raison même de la course, de la compétition. Sans cela, où serait le plaisir?

La leçon de cette histoire est que chacun doit toujours avoir bien en tête que courir est périlleux. Aux vitesses élevées que nous pratiquons, nous sommes tributaires de tout, de rien, à chaque instant… C'est cela qui nous fait avancer, qui fait que la course est la course et que le plaisir est au rendez-vous. A force de réglementations excessives, d'aseptisations jusqu'au-boutistes, d'électroniques invalidantes, de procédures prédicatrices et de pressions psycho-financières, les pilotes ne sont plus que les acteurs robotisés de leur écurie. Il faudra redonner la main à l'homme pour qu'il redevienne l'acteur majeur d'un spectacle fantastique.

Jules est mort dans sa passion. Il savait les risques et en connaissait le prix. La dépanneuse, les drapeaux verts, … tout cela n'est que littérature. Qu'il repose désormais en paix !

 

Photo KSP
Photo KSP
#bianchi
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Tags : bianchi


1.Posté par MISS1972 le 18/07/2015 18:08

Pas du tout d'accord avec vous.. Oui il connaissait les dangers de ce sport, mais Il y a des responsables, toutes les précautions n'ont pas été prises. On aurait pu éviter ce drame.. J'espère que la justice tranchera et pénalisera les coupables...



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