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reportages

26/12/2014

Autoroute

Pas si noire, la bête !

par Patrick RENZI

Force est de constater que lorsque nous avons pris rendez-vous avec le Service de Presse de la Société des Autoroutes Paris Rhin Rhône (APRR) qui irradie une bonne partie du Centre Est de l'Hexagone, nous ne pensions pas aborder un si vaste et sensible dossier qui fait actuellement les choux gras des antres dorées de la République et des Irresponsables qui y sévissent, bien relayés par quelques sphères médiatiques dont on peut se demander les véritables motivations. Le moment était donc venu de faire un point. C'est Eric Perraud, Chef du District Val de Saône, qui est à la manœuvre.



Elles ne sont plus toutes jaunes, mais l'esprit des Patrouilleuses reste le même: être en première ligne pour évaluer le risque.
Elles ne sont plus toutes jaunes, mais l'esprit des Patrouilleuses reste le même: être en première ligne pour évaluer le risque.
Nous qui voulions partager quelques instants privilégiés à l'occasion du chassé mal croisé des Fêtes de fin d'année, nous avons débusqué une nouvelle et triste opportunité de mettre en avant les graves manquements de nos politiques nationales. Et cela ne date pas d'hier, car si le célébrissime Général a cru bon donner un coup de Monsieur Propre sur les infrastructures routières de l'époque qui n'en portaient alors que le nom, en lançant un vaste plan autoroutier…, si les septennats qui se sont succédés derrière lui ont régulièrement assorti l'offre à la demande et amplifié les réseaux (Giscard, Premier Empereur de Chamalières s'étant même payé le luxe très onéreux d'imposer l'A71 pour satisfaire l'électorat de sa chère Auvergne), c'est en fait la stupide étape de privatisation orchestrée par Chirac et Villepin qui sonna le glas de la main mise de l'Etat sur ses routes. Pas tout à fait quand on y regarde d'un peu plus près et qu'on s'aperçoit que les conventions signées font la part belle aux exigences étatiques qui ne cèdent en vérité que l'exploitation, l'entretien et l'investissement, conservant la propriété des structures et infrastructures qui lui reviendront pleines et entières dès 2032…
 

Eric Perraud, Chef de District, dans son PC désert, mais fonctionnel... l'anticipation toujours.
Eric Perraud, Chef de District, dans son PC désert, mais fonctionnel... l'anticipation toujours.
Pour faire simple, sur 10 euros de péage, il est bon de savoir que 1.20 € sera consacré à la construction et à l'amélioration des réseaux, 1.40 € à l'exploitation, 2.20 € aux remboursements des emprunts contractés, 1.60 € aux intérêts tandis que le solde, soit 3.60 € reviennent à l'Etat au titre d'impôts et taxes divers… Une manne pour cet Etat incapable de gérer son patrimoine sans le savoir faire du privé, mais ponctionnant au passage plus d'un tiers des recettes pour compenser ses pertes financières, déficits chroniques et autres poches percées dont il a le secret et qui n'ont rien à voir avec les sphères routières. En fait, quand on voit Dame Ségolène monter au créneau, en Jeanne d'Arc des Temps Modernes, chevauchant sa Mia et haranguant les foules en pourfendeuse des injustices sociales, c'est une fois de plus pour cette opportuniste avisée, une nouvelle occasion de se faire mousser sur l'autel écologique de l'impuissance visionnaire de ses compétences. A l'image de ses congénères soixante-huitards souvent égarés dans les méandres spirituels de l'intelligence virtuelle, elle fait valser les millions des contribuables au mépris même des réalités économiques en bonne énarque qu'elle est, dépensant sans compter dès qu'une idée matinale illumine son esprit attentiste. Elle a largement contribué à appauvrir la Région Poitou-Charentes pour en faire une friche sociale et elle n'a pas mis longtemps à remettre le couvert au Ministère de l'Ecologie dont elle a kidnappé les rênes dès le départ de Valérie. Il est toujours plus facile de gaspiller les millions des autres et dans ce domaine, Ségolène Royal en connait un rayon. Sur un coup de tête, elle a la stupide idée de plier sous le joug de quelques bonnets rouges excités que le Ministre de l'Intérieur n'a pas été fichu de remettre en ligne, laissant en toute impunité, ces énergumènes flamber les biens publics. L'abandon soudain de l'écotaxe pour une fois justifiée coutera au bas mot un petit milliard à l'Etat, car je ne vois pas la Société franco-italienne Ecomouv (qui gère accessoirement les autoroutes italiennes et autrichiennes…!) s'effacer sans exiger les pénalités prévues au contrat initial. Sans parler de la réputation de la France à l'Etranger, la France qui n'honore ni sa parole, ni ses contrats… Après les frégates des Russes, on commence à jaser dans les Ambassades. Mauvaise pioche pour les éventuels investisseurs, car la Parole vaut l'homme… du moins quand on a une certaine estime de soi.  "Monsieur Royal et Madame Hollande" sont de bien piètres VRP de nos valeurs morales… Nous sommes déjà la risée du Monde dans bien des domaines, inutile d'en ajouter. Ainsi, la Bergère du Poitou aurait quelques velléités de faire pression sur les bénéfices des sociétés autoroutières. On imagine déjà ces dernières sourire et attendre les éventuelles compensations financières… car ces gens-là ne sont pas des philanthropes, ce sont des financiers. Il faut savoir qu'ils sont trois en France à se partager le gâteau de nos autoroutes (Eiffage géré par des fonds australiens qui a fait main basse sur l'APRR, Vinci qui était déjà bien ancré dans les ASF et l'espagnol Abertis qui rafle la Sanef. Face à ces Géants, la Tenancière de la Grande Arche pèse bien peu dans la balance. L'Etat va encore y laisser une partie de sa liquette, déjà bien mitée. Voilà pour le tableau.
 

Sur le terrain , les sociétés autoroutières se sont plus ou moins structurées de la même manière, à quelques mots près. Tout au bas du bout, directement en phase avec la réalité bitumineuse, c'est en ce qui concerne l'APRR, le District qui officie surtout en période hivernale où le mot d'ordre est de savoir anticiper pour satisfaire les exigences des cahiers des charges imposés par l'Etat et sa législation un tantinet décalée.  Car c'est bel et bien la législation qui contraint les exploitants à de nombreuses obligations onéreuses qui se répercutent sur le coût des péages. Dans l'esprit "pas de vague", l'Etat exige l'anticipation, même si cela a un coût pour le client. Tout est surdimensionné pour faire face éventuellement un jour à un phénomène majeur qui n'aura peut-être pas lieu… Ici, on ne parle plus d'usagers comme avant, mais de clients qu'il est impératif de coucouner afin qu'ils reviennent et reviennent encore pour déverser leurs offrandes dans les caisses de l'APRR et par voie de conséquence, dans les tirelires percées de ceux qui nous gouvernent. L'Etat est fauché, mais vit au dessus de ses moyens, comme la plupart des Français. Pour le superflu, ça foisonne dans les pois chiches de nos énarques, mais pour l'essentiel, tout ce beau monde est aux abonnés absents…  Et nous pourrions poser le problème de disparité des réglementations entre les tronçons 2x2 voies des réseaux sans péage et les tracés autoroutiers… Mais c'est un autre débat!
 
 
Qu'ils soient en régie interne ou en sous-traitance, les véhicules sont eux aussi d'astreinte.
Qu'ils soient en régie interne ou en sous-traitance, les véhicules sont eux aussi d'astreinte.

Que seraient les saleuses sans les précieuses cargaisons de sel?
Que seraient les saleuses sans les précieuses cargaisons de sel?
Dans les faits, pour l'exploitant, le gros pépin peut venir de la VH !… qui résonne à chaque recoin de nos échanges. VH … entendez Viabilité Hivernale… plus simple, conditions météo… et ce qui va avec. En partenariat d'échanges privilégiés avec Météo France, chacun fournissant de précieuses infos à l'autre, l'APRR astreint son personnel à hauteur des risques à prévoir. 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an, c'est le Patrouilleur, seul, au volant de son fourgon équipé et relié en permanence au PC d'une part, à la gendarmerie d'autre part, qui est en première ligne. Sa responsabilité est immense et il lui faudra acquérir des années de terrain pour sentir et humer, repérer un givre annonciateur sur une barrière de sécurité, un objet non identifié au détour d'une courbe, un véhicule en panne garé à la hâte, un piéton désabusé en quête de secours, un chargement instable…. Notre homme est aux premières loges. Il doit faire la part des choses et réagir vite et bien. Il règle le problème ou passe la main. Anticiper encore et toujours. A un moment ou à un autre, selon la gravité de l'incident, de l'accident, il faudra faire appel à la Force de Police qui appliquera les protocoles requis. Si la passerelle Exploitant-Gendarmerie a toujours existé, il en est autrement avec les secours qui ont trainé des pieds pendant longtemps. Comme souvent en France, il faut le clash pour faire bouger les lignes. Et c'est le drame de Loriol et la mort de 5 pompiers volontaires qui changera la face des choses et verra enfin naitre le dialogue entre SDIS et exploitant d'autoroutes. Ouf!

Pour préserver l'autonomie du site, chacun s'emploie à entretenir le matériel dès que les conditions hivernales s'apaisent.
Pour préserver l'autonomie du site, chacun s'emploie à entretenir le matériel dès que les conditions hivernales s'apaisent.
Ici, au District, un PC désespérément vide regroupe écrans et équipements. Vide en attendant l'hypothétique coup dur qui sera de toutes manières, géré ailleurs. Ici, les caméras performantes (elles piochent à 360°, sans problème la pièce de 2 euros sur le bitume ou plongent l'horizon jusqu'à un ou deux kilomètres par temps clair) déversent à la demande leurs flots d'images sur les écrans muraux. Sur les retours, d'autres moniteurs informent sur les prévisions du temps (des centaines de capteurs fournissent différentes données que Météo France mixera avec les siennes pour élaborer des prévisions les plus fiables possibles). Dehors, quelques camions s'affairent, toujours au cas où. Certains chargent leur cargaison de sel qui ne servira pas cette nuit. D'autres attendent paisiblement, garés sous les hangars, toujours dans le cadre de l'anticipation dictée par la loi…. A l'image de la centaine de tonnes de sel, des sacs de calcium, des 23 m3 de saumure de magnésium pour les grands froids et j'oubliais la citerne de saumure (sel + eau) dont l'efficacité instantanée privilégie certaines actions jusqu'à -8°. Ce soir, Réveillon… Pour les gens d'astreintes, un plateau amélioré accompagné (chut) d'un flacon symbolique de champagne… Pour marquer le coup… Exceptionnel, car ici plus qu'ailleurs, côté alcool, c'est tolérance Zéro et gare à celui ou celle qui franchira la ligne…
 

Désormais, quand vous verserez votre obole dans une quelconque gare de péage, vous relativiserez certains commentaires de presse qui incriminent sans état d'âme les exploitants autoroutiers. Même s'ils ne sont pas exempts de tout reproche et qu'ils obéissent logiquement à la loi du profit pour consolider leurs structures financières, personne ne peut décemment les incriminer pour cela. D'abord parce qu'ils ne sont en rien les instigateurs de la Privatisation dont ils ont pressenti la bonne affaire, ensuite parce qu'ils ne font qu'appliquer les termes d'un contrat qu'ils ont signé avec l'Etat échéance 2032. Maintenant, vous savez où partent vos euros, qui en pique le plus et pour quelles raisons obscures, le gouvernement fait dispersion en écran de fumée pour fuir ses propres responsabilités. Ces sociétés font des bénéfices comme toutes les entreprises correctement gérées. Rien de plus normal excepté dans des concepts socialisants. Les montants des péages sont fixés par l'Etat qui en prélève plus du tiers au titre de ses bonnes œuvres. C'est l'Etat qui impose à ces sociétés, des surcoûts d'exploitation énormes et abusifs pour avoir l'esprit tranquille au cas où. Comment, dans ce cas, pourrait-il aller au-delà des conditions contractuelles dûment signées dans le seul but de boucher les trous de ses défaillances? Avant de vociférer des menaces, des promesses lors de ses multiples envolées lyriques, la Bergère du Poitou serait bien inspirée de se taire. Chacune de ses paroles nous coute cher et nous n'avons plus les moyens de supporter ses élans fantasmagoriques…
 
Du haut de leur portique, plusieurs centaines de caméras observent, piochant au gré du PC, l'info, le détail. Mais promis, aucun enregistrement sauvegardé...
Du haut de leur portique, plusieurs centaines de caméras observent, piochant au gré du PC, l'info, le détail. Mais promis, aucun enregistrement sauvegardé...

Sel, saumure ou bouillie, magnésium ou calcium, le personnel APRR adapte le traitement de l'autoroute aux circonstances du terrain.
Sel, saumure ou bouillie, magnésium ou calcium, le personnel APRR adapte le traitement de l'autoroute aux circonstances du terrain.
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