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édito

12/03/2015

Arrêtez de nous enfumer!


par Patrick RENZI

Désormais, chaque véhicule fait état de ses émissions de CO² et par voie de conséquence de consommations abusivement qualifiées de normées. Encore une des ces bourdes administratives et législatives, histoire de clouer le bec enfariné de quelques écolos en mal d'existence, mais qu'il fallait bien caresser dans le sens du poil du temps où la cohabitation avait encore son non sens. Aujourd'hui après s'être fait enflé dans les grandes largeurs, chacun a repris ses quartiers électoraux pour sauver les sièges à défaut des meubles.



Mais à qui doit-on cette idée de génie censée privilégier les bons élèves et mettre au pilori les bonnets d'âne? Est-ce aux constructeurs automobiles qui ont tout de suite vu dans ce plan foireux, l'occasion de détourner l'attention des clients en les enfumant dans des argumentations marketing sans consistance?
Est-ce au gouvernement et à ses penseurs zélés qui ont trouvé dans cette mesure de quoi se faire pardonner quand ils déversent des millions d'euros d'argent public pour soutenir les Recherche et Développement de nos constructeurs tricolores?
Serait-ce aux divers élus qui sont toujours en quête existentielle reniflant dans cette idiotie mesquine une occasion de sauver leur sommeil sur les bancs des différentes assemblées?
A moins que ce soit les écolos eux mêmes qui ont aperçu dans cette mesure de quoi survivre… politiquement?
En fait, il serait temps que ces responsables de notre dette abyssale arrêtent de nous enfumer, au risque du marasme grec qui leur pend au nez…
A force de faire dire aux chiffres théoriques ce que la réalité ne veut pas entendre, on en vient à dépasser l'absurde. Les moteurs sous dimensionnés, les boîtes à rallonge, la masse des équipements embarqués de plus en plus nombreux, l'absence de matériaux nobles pour cause de coût de revient, rien est fait pour donner un sens aux consommations normées qui s'étalent dans tous les bons catalogues. Quant aux émissions de CO² incontrôlables, chacun a bien compris que c'était un prétexte à impôt. 3 litres en cycle extra-urbain… 3,5 en cycle urbain… 3,2 en cycle mixte…. le rêve a un prix… celui de la fumée. Car ces chiffres abusés, s'ils polluent le papier, sont loin des réalités. Pour compenser les manquements des nouvelles mécaniques souvent inadaptées aux profils routiers, aux impondérables météo, aux utilisations du quotidien, aux exigences des marchés, les chiffres réels s'envolent et prennent a minima 3 ou 4 litres aux 100. Parfois plus, sans pour autant dépasser les limites d'une utilisation normale. Et chaque voiture, en fonction justement de son adaptabilité routière, nous réserve des surprises plus ou moins agréables.
Arrêtez de nous enfumer, nous les clients, les utilisateurs, les essayeurs, les passionnés. Que chacun reprenne ses esprits et témoigne enfin envers autrui le respect sans lequel rien n'est possible.
Nous invitons bien entendu les acheteurs potentiels à une vigilance de tous les instants et sachez qu'en ce qui nous concerne, la consommation réelle est indiquée dans nos essais. Elle vaut ce qu'elle veut bien valoir, elle existe et reflète nettement plus la réalité que ces chiffres artificiels fantasques qui ne sont là que pour tromper le chalan. Au fond, probablement à cause du brouillard des fumées,… les efforts des constructeurs au niveau consommations sont bien moindres qu'on pourrait le croire… Pour fonctionner, un moteur thermique a besoin d'un minimum vital… En dessous d'un certain seuil, chacun doit se rendre compte qu'on prend le risque de titiller l'escroquerie. Pensez-y au moment de signer votre bon de commande.

 

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