18/08/2014

Alpine Renault A310 Groupe 5 Calberson

Reine des scratchs

Patrick RENZI

Pas facile pour l'A310 de reprendre le généreux flambeau que lui tend la Berlinette. Forte d'un parcours sportif hors du commun et d'une aura diabolique, l'A110 accompagnera quelques mois la nouvelle création de Monsieur Jean.



PRESENTATION

Auréolée de ses couleurs Carlberson, notre Alpine semblait invulnérable.
Auréolée de ses couleurs Carlberson, notre Alpine semblait invulnérable.
Outre le fait de rouler dans les traces de son illustre devancière, la nouvelle 310 peinait côté moteur. Renault, déjà omniprésent dans le quotidien d'Alpine n'avait pas jugé bon de doter la dernière dieppoise d'une motorisation à la hauteur des enjeux. Et il faudra attendre 1976 tout de même pour que Alpine puisse enfin installer sous la verrière de sa 310 un V6 de 2.6 litres qui va révolutionner la donne.
C'était l'ère du PRV pour Peugeot Renault Volvo, une petite merveille technologique du moment, un peu gourmand dès qu'on avait le pied lourd, mais de très bonne volonté, un rien impétueux. Côté Sport, Alpine en profitait pour doper son fer de lance de quelques précieux chevaux supplémentaires, une écurie bienveillante avec un turbo brutal certes, mais très convaincant. La voiture que nous reproduit aujourd'hui Ottomobile au 1/18ème est le fruit de 3 rencontres. Alpine Renault dont on ne sait déjà plus, à cette époque, qui tient les rênes, Calberson qui n'était pas encore tombé dans le giron d'un groupe impersonnel et le Grizzly, comprenez Guy Fréquelin lui-même. Une bien jolie rencontre qui se soldera dès 1977 (belle année!) par le titre de Championnat de France des Rallyes avec son équipier Jacques Delaval. Cette année-là, nos hommes raflent la mise avec à leur actif, le Neige et Glace qui nous occupe aujourd'hui, la Ronde de la Giraglia, la Ronde d'Armor, le Critérium Jean-Behra, le Critérium de Touraine, la Ronde Limousine, le Rallye de la Châtaigne, les Cévennes, la Ronde du Vercors et le Rallye du Var,... quel talent !

LIGNES EXTERIEURES

Un clin d'oeil en guise de mise en garde pour ses copines de jeu de l'époque.
Un clin d'oeil en guise de mise en garde pour ses copines de jeu de l'époque.
Jaune, Rouge et noir mat, pas de doute possible, nous avons là à faire avec un modèle de chez Calberson. Calberson, rien à voir, mais je repense tout à coup à l'ami Max Meynier et ses Routiers sympas, RTL et le toit de la Terrasse Calberson, Boulevard Ney, à Paris... Les anciens apprécieront... L'Alpine A310 V6 Groupe 5 de Guy et de Jacques est là, juste devant moi. Bodybuildée à souhait avec ailes XXL, becquet généreux et aileron proéminant maintenu par les filins qui vont bien, l'Alpine est racée, belle et bluffante. Juste impressionnante avec sa rampe de projos et ses Oscars... Des Cibié, évidemment! Sur la lunette arrière qui permet l'accès au V6 un rien vitaminé et à sa mécanique immédiate, les persiennes améliorent l'aérodynamisme tout en protégeant des regards indiscrets... Mais qu'y a-t-il à voir ici, puisqu'une nouvelle fois, malgré nos indécentes demandes, les ouvrants demeurent obstinément fermés. Pourtant, il est beau ce V6, coeur sportif de cette véritable bombe. Un mot enfin sur les roues aux dimensions majestueuses composées de Michelin Racing 20/59 x 15 à l'avant (jantes de 8x15") et 29/61 x 15 à l'arrière (jantes de 12x15")... Sur le toit, une des premières générations d'antennes dont la base vrillée demeure un signe des temps...

A L'INTERIEUR

Un jour peut-être, Ottomobile daignera laisser cette vitre ouverte afin que l'on puisse admirer l'intérieur au demeurant bien aménagé.
Un jour peut-être, Ottomobile daignera laisser cette vitre ouverte afin que l'on puisse admirer l'intérieur au demeurant bien aménagé.
Circulez, y a rien à voir! Non, j'exagère, mais tout de même... On aurait bien jeté un oeil de plus près dans cet habitacle qui sentait bon l'odeur de la compétition. Certes moins rudimentaire que celui de la berlinette, l'intérieur de notre A310 est tout de même à minima. On tente de  deviner au travers des vitres elles aussi résolument closes, les souvenirs reviennent à la mémoire... en même temps que les sons, les claquements, les secondes qui s'égrainent et les lacets qui s'enchainent.  Les 2 baquets sont ici identifiables (chacun sa couleur!), les harnais 6 points, le volant, l'habillage sommaire... l'extincteur habitacle de 5 kg.

SUR LA ROUTE

Un profil à couper le souffle.
Un profil à couper le souffle.
Quand on a un âge respectable, on peut se prévaloir de quelques moments forts au gré de certaines rencontres fortuites ou de quelques amitiés bienveillantes. A défaut de Neige et Glace, cette leçon de pilotage là eut lieu en Avril 77 pour la Ronde Limousine, ses routes corréziennes et la descente vers St Pantaléon de Lapleau... Elle était virile, cette A310 V6 magnifique dans sa livrée Calberson. Surtout qu'avec la préparation concoctée par la toute jeune équipe de Renault Sport qui venait d'engloutir et Alpine, et Gordini..., des sorciers, Renault Sport n'en manquait pas. Mais que c'était brutal, brut de décoffrage, des sensations à tous les étages. Calé dans ce baquet (le vrai!), l'émotion ne pouvait être que de mise. Même si le pilotage n'atteignait naturellement pas celui du maître qui excellait comme un Dieu, n'empêche que le coup de pied au cul que l'on prenait quand le turbo annonçait la couleur était impressionnant. Pour le reste, tout était d'une fermeté éreintante. La direction, les suspensions, les passages de vitesses, tout n'était que performance et efficacité insolente. Aucune place pour l'impro et encore moins pour l'erreur. Une belle leçon d'humilité au volant d'une auto vraiment exceptionnelle qui accrochait le bitume avec un sacré tempérament. Comment oublier de telles tranches de vie aussi intenses?

EN RESUME

Sous cette poupe imposante, une mécanique Renault 6 cylindres.
Sous cette poupe imposante, une mécanique Renault 6 cylindres.
Symbole de la compétition automobile ou mythe emblématique d'une époque malheureusement révolue, l'Alpine A310 V6 Groupe 5 était une guerrière, un missile sol-sol. En reproduisant ce modèle au sein de son catalogue, Ottomobile nous offre une bien jolie ballade dans les étoiles de nos nostalgies. Fidèle dans l'esprit, dans les formes, dans ses décorations à la vraie, la miniature 1/18 est magnifique. Dommage que les clés ne soient pas fournies pour débloquer les ouvrants et pénétrer dans son univers magique, dommage que le V6 ne laisse pas admirer certaines intimités, dommage que les parfums d'antan, les rugissements de la cavalerie, les épingles au frein main,... mais je m'égare !


Notez

Dans la même rubrique :

Porsche 911 Targa 4S - 10/11/2017

Minirama | Minitest | Miniscoop



Recherche





le magauto magazine automobile