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édito

19/11/2014

350


par Patrick RENZI

Sur le bureau des Préfets bien entendu très affectés et des Grands Penseurs des Ministères évidemment affligés, les bûchettes s'amoncellent… 350… Le chiffre du mois… Celui des tués au hasard de nos routes, de nos villes, de nos campagnes… 350, un chiffre à mettre en rapport des 308 morts de l'an passé à pareille époque. Monsieur le Ministre est confus.



Alors que certains idéalistes en mal d'image ressorte les traditionnelles litanies fantasmagoriques, comme disait Dali, les autorités se confortent dans l'idée que le temps n'est pas encore venu de casser la poule aux œufs d'or de l'insécurité routière. Car plus que jamais, l'Etat a besoin d'argent et la manne des PV est une aubaine. Vu des dorures ministérielles et autres préfectures engluées, il n'y a aucune raison de chercher les fonds des problèmes, puisque le commun des mortels gobe tout ce qu'on lui dit.
 
S'il y a des morts sur la route, c'est que l'on roule trop vite, que l'alcool est responsable, que la météo fait des siennes et que les drogués sont de sortie. Ajoutez y une dose de petits vieux qui n'ont plus assez de bon sens pour conduire en toute liberté, ce fichu téléphone portable dont les conducteurs sont addicts et quelques autres sources d'inquiétude savamment illustrées et détaillées à souhait et le compte est bon. 350!
 
Dès potron-minet, Perrichon nous en remet naturellement une couche, bien aidée par des médias complices qui lui offrent une estrade dont elle raffole pour faire régulièrement son show et débiter des âneries d'un autre temps, 40 millions d'automobilistes dont on se demande le réel taux de représentation, balance sa ritournelle opportune par la voix de l'ami Chasseray qui nous refuse tout débat, dommage!. Quant à la ligue des conducteurs généralement pas trop mal inspirée…, elle est passée sur off.
 
L'insécurité routière n'est pas un jeu, mais une évidence. Ce n'est pas non plus une fatalité, mais un os à ronger bien entretenu par les pouvoirs publics qui ont bien compris l'opportunité de ne rien changer et surtout pas le statut de vache à lait de l'automobiliste à qui incombe bien entendu l'entière responsabilité des dégâts. Facile de ne rien voir quand on a les yeux fermés. Jamais l'insécurité routière qui engendre une répression sans nom n'a autant généré de recettes fiscales… près de 1 milliard l'an passé rien que pour les radars. Ca vous parle? Je sens déjà votre œil plus vif, votre sourcil aux abois et vos mots plus fleuris. Et tout ça pour quoi? Rien de rien? Pire, 42 morts en plus sur 1 mois.
 
Malgré cela, croyez vous que nos élus se bougeraient le fion pour revoir les copies? Pensez-vous que les Préfets et leurs valets se poseraient enfin de bonnes questions? Peut-être Monsieur le Ministre serait-il bien inspiré d'écouter ce qu'on a à lui dire au lieu de se pavaner aux inaugurations de chrysanthèmes? Mais j'oubliais! 350 morts, ça représente quoi au juste? Une pincée de sel dans un gouffre financier. Un soupçon de frisson dans un cocktail de regrets. Osons un geste de condescendance pour une nouvelle affreusement regrettable. Coupons là!
 
Nous l'avons dit et nous l'avons écrit. Il faut réformer l'éducation routière de fond en comble. Dès le plus jeune âge, nos bambins et bambines doivent être sensibilisées… à l'école même de la République pendant toute leur scolarité. A l'image de l'écologie, du tri sélectif, de la protection de la planète, ce sont eux qui investiront demain et après-demain les grands palais républicains pour y débattre utilement de l'avenir. Les politiques qui sont en place doivent être renvoyés pour incompétence puisqu'ils n'ont pas satisfait l'exigence de résultats que nous devrions exiger. Dans une entreprise privée, il y a belle lurette qu'ils seraient remerciés, licenciés pour faute. Mais nos élus se protègent mutuellement et prennent soin de ne pas scier les branches dorées sur lesquelles ils sont confortablement assis. D'ailleurs, observez les se battre pour conquérir ce qu'ils appellent le pouvoir et en abuser odieusement dès qu'ils y sont. Notre République est bananière, les faits divers en attestent chaque jour.
 
Monsieur le Premier Ministre serait bien inspiré de recevoir la société civile, la vraie, celle qui travaille et qui vit au quotidien la souffrance du Peuple.
Monsieur le Premier Ministre serait bien inspiré d'instiller le bon sens à ses annexes territoriales anémiées par des décennies d'immobilisme opulent.
Monsieur le Premier Ministre serait bien inspiré d'inviter ses sbires à prendre en compte les projets que nous leur proposons au lieu de nous écarter d'un revers de pouvoir dédaigneux.
Mais j'oubliais… Monsieur le Premier Ministre a-t-il réellement envie que le nombre des tués sur la route diminue sur le terme? Faisons mine d'y croire et attendons la réponse. Osera-t-il mettre en œuvre une vraie politique de sécurité routière non inspirée par des énarques en mal d'être mais par des professionnels volontaristes dont nous sommes? Nous avons la solution. La parole est à Monsieur le Premier Ministre.
 

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